Chômeurs : bilan provisoire des luttes

mercredi 13 septembre 2006
par  CSR

2003 n’aura pas été un remake des luttes de l’hiver 1997 alors que les attaques contre les droits des chômeurs sont sans commune mesure : baisse radicale de la durée des droits aux allocations de chômage Assedic, durcissement à prévoir des conditions pour percevoir l’ASS et réduction de sa durée de versement et aussi baisse du niveau de l’ASS pour le +55 ans, mise ne place du RMA,… Et pourtant la mobilisation a été faible. Des manifestations squelettiques dans de nombreuses grandes villes, pas de mobilisation massive des chômeurs. Même si des comités se réactivent ici ou là (comme à Rennes où AC ! se relance), si des comités ou des syndicats CGT de privés d’emploi se renforcent, tout cela reste faible. Et ne parlons pas des syndicats. Pas question de dénigrer ce qui a été fait. Mais il est nécessaire de comprendre pourquoi cela ne peut pas marcher. Nous l’avons fait dans deux articles de Syndicaliste ! n°22. Il faudra suivre plus finement les luttes des chômeurs et surtout les initiatives des syndicats vers les chômeurs. Bilan provisoire donc.

Revenons en arrière : en décembre 2002, le Medef et les syndicats jaunes réduisent les droits des chômeurs. Ils sont prudents : la nouvelle convention Unédic (dite Pare II) n’est applicable immédiatement, le 1er janvier 2003, qu’aux chômeurs dont le contrat de travail a pris à partir de cette date. Tous les autres, qui avaient encore des droits suite à la convention précédente, dite Pare, (qui avait supprimé la dégressivité des allocations ce qui n’avait pas peu pesé dans la balance pour empêcher une mobilisation de masse des chômeurs contre la logique du Pare), gardaient des droits pour une durée calculée selon cette première convention…jusqu’au 1er janvier 2004 ! Des courriers étaient alors envoyés dans le style “ ne vous inquiétez pas, rien ne change d’ici la fin de l’année ”, puis à partir de septembre les premiers courriers annonçant la fin des droits pour le 31 décembre 2003 ou plus tard mais de toute façon bine avant la date initialement prévue ont commencé à arriver. Que s’est il passé pendant toute cette période de 1 an ? Ah oui, les grèves de mai-juin où de toute façon les syndicats se sont bine gardé de tenter de mettre les chômeurs dans la lutte (en première ligne sur la réforme des retraites en plus) en liant les deux combats. Le “ mouvement social ” comme le syndicalisme ont été absents pendant ces longs mois sur la bataille de l’indemnisation des chômeurs. Aucune stratégie, aucune tactique ne sont venues contrecarrer la nouvelle Convention Unédic de décembre 2002 et surtout sa mise en place finement étudiée par les signataires.
Alors à la fin de l’année 2003, bien entendu, on a vu resurgir des articles, des tracts, des déclarations enflammées…mais en l’absence d’un réel travail patient de construction syndicale vers les chômeurs.

Le constat reste le même fondamentalement : les syndicats, du privé comme du public, les fédérations, la confédération CGT et l’US-Solidaires, ne font pas réellement un travail syndical vers les chômeurs, travail qui permettrait de lever de nombreux obstacles à leur syndicalisation.

Nous donnerons ici l’exemple de ce que réalise le comité de chômeurs CGT d’Alès. De multiples actions ont été menées en direction des entreprises, que ce soit sur la question des allocations de chômage (action commune avec des salariés licenciés soumis à la nouvelle convention Unédic) comme du RMA et les conséquences sur l’emploi et les salaires, ou dernièrement en solidarité avec la lutte des salariés du Conforama. Le syndicat a aussi été à l’initiative d’une réunion de l’UL sur le chômage, réunion syndicale pour débattre sur le fond de la lutte contre le chômage et pour un revenu de remplacement. Bien que l’implication des syndicats de l’UL ait été minoritaire, il s’agit bien là de la seule stratégie qui permet de construire. S’affronter aux difficultés de la syndicalisation de masse des chômeurs ne demande pas une stratégie différente de celle pour implanter le syndicalisme dans les entreprises du privé où règne la précarité, les petites entreprises,… : c’est l’interprofessionnel. C’est la liaison de cette lutte avec celles des autres salariés : intérimaires, contre les licenciements, pour la hausse des salaires,… Seules les tactiques seules diffèrent pour s’adapter au moment, à la situation des chômeurs,…


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