Résultat des élections 2017 : préparons-nous !

lundi 1er mai 2017
par  Peau rouge

Syndicalistes, nous nous efforçons au quotidien d’agir, de nous défendre, de défendre les droits et les intérêts des collègues et de tous les travailleurs salariés, quelques soient leurs idées, leurs croyances, leurs origines, leurs orientations sexuelles. Nous refusons de croire qu’être acteurs de la société c’est simplement mettre un bulletin de vote dans l’urne tous les 5 ans ou simplement vouloir changer le numéro de la République. Les deux candidats présents au second tour de la présidentielle représentent un danger pour les travailleurs.

Macron, le candidat de l’austérité, des banques et du MEDEF

Le programme politique prétendument « novateur » de Macron, ancien ministre des finances, pourrait en fait se résumer par « En marche… à reculons ». Qu’attendre d’un programme qui est à la fois soutenu par le MEDEF et la CFDT, et où rien que l’hypothèse de victoire de son candidat fait augmenter les indices boursiers ? Banalisation du travail dominical, complexification de la procédure prud’hommale, assouplissement du délit d’entrave pour les employeurs, suspension du compte pénibilité, généralisation d’une instance unique de représentation des salariés, remise en cause des 35h, assouplissement du temps et des conditions de travail au bon vouloir de l’employeur (en supprimant les accords de branche au profit d’accord dans chaque entreprise), réduction des allocations chômage, allongement de la durée de cotisation retraite, allègement de la fiscalité des entreprises, remise en cause de la protection sociale… Voilà autant de mesures que le patronat approuve. Le quinquennat Macron s’annonce donc dur et semé de mobilisations sociales que nous, syndicalistes, nous devrons mener pour l’intérêt de tous et de toutes. Les premières attaques sont promises dès cet été par ordonnance !

Le Pen, la candidate des petits patrons et de la bourgeoisie nationale

En 2002, le tabou du FN tombait avec le passage du père au second tour de la présidentielle. La fille a ensuite amélioré l’image : discours policé, apparence plus commune, ton plus sympathique ; mais les prétentions restent les mêmes. Le parti est banalisé dans le paysage politique et le vote « de contestation » tente beaucoup de monde, souvent par défi face à des politiques trop surs d’eux et qui ont trop longtemps fait la sourde oreille. Nous réaffirmons que le FN a toujours été, est, et sera toujours l’ennemi des travailleurs. Avec un ouvrier sur sept qui vote FN, le parti est loin d’être le « premier parti ouvrier de France ». Au contraire, à y regarder de plus près, le FN est un parti composé essentiellement de patrons, de bourgeois, de personnels de l’encadrement, qui n’attendent qu’une chose : prendre leur revanche sur la période qui a suivi la Libération, ce qui fait du FN un allié objectif du grand patronat et donc un grand danger. Rappelons que le MEDEF entend « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance », et qu’un grand patron comme celui de Lafarge vient de démissionner et va être mis en examen pour collaboration avec l’organisation terroriste Etat Islamique (DAECH).

Même si de plus en plus de travailleurs votent pour le FN de manière consciente, ils savent aussi très bien quels sont les responsables de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail. Ce sont tout simplement ceux qui gèrent la société et les structures de pouvoir : entreprises, institutions… Ils les ont en face d’eux tous les jours. Et la famille Le Pen en fait partie. Il serait ridicule de voter pour une famille qui se présente « Au nom du peuple » comme des ennemis du système, alors que le père, Jean Marie, a été élu député à 27 ans puis s’est fait une belle petite fortune grâce à des héritages, vivant ensuite de ses rentes, c’est-à-dire du travail des autres. Sa fille Marine, héritière élevée dans les quartiers bourgeois de la banlieue parisienne a été avocate puis députée européenne. Le gendre, Aliot, est vice-président du FN, professeur d’université puis avocat. Et enfin la petite fille, Marion, qui est la plus jeune députée de l’actuelle Assemblée nationale… Voilà une sacrée famille « d’anti-système » qui représente bien le « peuple » !

De la Résistance à la Révolution

Pour la première fois depuis l’occupation nazie, il y a réellement le danger imminent de revoir l’extrême-droite prendre le pouvoir. Cette même extrême-droite qui, il y a près de 80 ans, avait ravagé une partie du monde, déstabilisé les démocraties, ruiné et ensanglanté nos vies. Une extrême-droite qui n’avait pu être vaincue et balayée qu’au prix d’une résistance acharnée, d’une guerre totale et mondiale. Nous avons tous conscience qu’une victoire du FN n’amènera pas « l’ordre » en France comme le prétend Marine Le Pen mais plutôt le chaos dans un pays qui sera devenu ingouvernable, déchiré et irréconciliable avant bien des années. C’est pourquoi, devant une telle probabilité, il faut nous préparer à résister, à nous organiser dans les quartiers et dans les entreprises. Les leçons du passé nous enseignent que la spontanéité face à un tel événement ne servira pas à grand-chose. Il faudra rejoindre des organisations sérieuses qui auront su analyser les événements depuis le début et qui auront fait le choix de ne pas accepter cette situation.

Comme le FN est un parti représentant les intérêts de la bourgeoisie nationale, la lutte devra être dirigée par les travailleurs salariés, formant la classe la plus capable de s’opposer et surtout de gagner. Les organisations naturelles des travailleurs sont les organisations syndicales, elles ont toujours été là pour nous socialiser et éviter qu’on tombe dans le piège de l’individualisme. Elles ont une grande expérience des luttes et un savoir-faire inégalable. Dans un tel cas de figure, ceux voulant agir, lutter et résister, devraient se rapprocher des syndicats.

Résister et lutter, mais pas pour se retrouver dans la même galère qu’avant. Car il y a bel et bien une société plus juste et plus saine à construire pour les générations à venir. Cette société c’est le Socialisme, et même si le terme a été mal utilisé, usurpé, sali, il représente la société naturelle pour l’homme, car l’humain est un être social et sociable par nature. Ce n’est donc pas par le « citoyen », homme totalement abstrait, que nous pourrons trouver des solutions, mais par le « travailleur », homme social en tant que producteur de biens et de services pour l’intérêt général. Le Socialisme est un changement profond de la société, il ne peut émerger et aboutir qu’avec un processus révolutionnaire basé sur l’action de la plus grande classe sociale existante et n’ayant aucun pouvoir de décision : la classe ouvrière, plus largement appelée « prolétariat », englobant travailleurs salariés, retraités, privés d’emplois et jeunes en formation. Pourquoi ? Parce que tout ce qui existe dans la société est le fruit du travail. Nous pouvons mieux gérer la société, d’une manière plus simple, plus cohérente et plus juste, tout simplement parce que nous sommes les plus qualifiés pour le faire : nous créons les productions et les services qui nous sont communément vitaux. Seule une Confédération syndicale organisant les travailleurs est capable de gérer une société basée sur le travail.

Pour une véritable « alternance » et alternative ?
Syndiquons-nous massivement et agissons !
Débarrassons-nous des patrons et de l’extrême-droite !