Hommage à notre camarade Serge Torrano

mercredi 8 avril 2015
par  Peau rouge

Les militants de notre tendance syndicale ont rencontré Serge pour la première fois le 24 novembre 1995. Nous étions alors de jeunes militants étudiants investis depuis plusieurs semaines dans un puissant mouvement universitaire. Ce 24 novembre 1995, des contacts étaient établis entre les cheminots du réseau Paris Rive Gauche et les étudiants. Serge s’est tout naturellement retrouvé comme le lien naturel entre ces deux générations de grévistes. Nous avons été aux coudes à coudes pendant un mois dans une grève historique où Serge fut en première ligne.

La personnalité de Serge faisait de lui un lien naturel et spontané. Ce lien, il l’a assuré à de multiples reprises. Nous avons bientôt retrouvé Serge lors des grèves des nettoyeurs du réseau Austerlitz. D’autres soutenaient la grève en tirant la couverture à eux, en se présentant comme des guides. Lui, il offrait sa force de caractère dans le plus parfait respect des autres. Il était discret, il écoutait, il laissait la parole à ceux qui la prenait pour la première fois, tout en étant disponible en permanence pour soutenir et conseiller.
Ce fut une autre qualité permanente de Serge. C’était un camarade humble qui se refusait à agir en donneur de leçons. Sa riche expérience militante, on ne la découvrait donc qu’au fil des conversations, lorsqu’on lui posait des questions. Il prenait alors plaisir à raconter ses luttes, sa vie, avec toujours la même passion et une pincée d’autodérision.

C’est donc tout naturellement que Serge offrit à notre tendance de disposer du local de son syndicat pour nous réunir. Là aussi, il posait des questions, il écoutait, il aidait une « tendance » qui n’était alors qu’un groupuscule.
Aujourd’hui, Serge servira encore de lien entre les militants venus lui rendre un hommage bien mérité. Malheureusement, les militants de notre organisation ne pourront être présents. Une délégation du CSR toulousain aurait aimé se déplacer mais ne pourra le faire pour des raisons matérielles. Nous rendrons donc hommage à Serge sous une forme qu’il aurait apprécié, en participant à une assemblée générale à la Bourse du Travail de Toulouse, pour préparer la grève interprofessionnelle du 9 avril. Une assemblée générale de la CGT, cette confédération qui en 1968 avait exclu Serge, un des militants qui y aurait pourtant mérité, plus que tout autre, sa place.

Mais la fraternité ouvrière maintiendra pour toujours ce lien entre nous, au-delà de la mort. Tout ce que Serge nous a transmis restera au plus profond de nous, accompagné du souvenir de son sourire maliceux.

Salut à toi vieux compagnon syndicaliste et révolutionnaire.


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