L’extrême-droite est, et sera toujours, l’ennemie des travailleurs

Tract du CSR 31
lundi 7 juillet 2014
par  Peau rouge

Les dernières élections municipales et européennes ont démontré l’influence grandissante des idées du Front National parmi les travailleurs de Midi Pyrénées. Cela est visible chez les votants des quartiers et des communes populaires. Mais cette influence est toute aussi perceptible lorsque l’on discute avec les abstentionnistes.

Pendant 30 ans, le vote FN a été caractérisé par un double phénomène :

1) Un vote d’adhésion au sein de la petite bourgeoisie traditionnelle (paysans, artisans, commerçants, professions libérales,..)

2) Un vote protestataire chez des travailleurs non syndiqués

Mais nous sommes aujourd’hui face une nouvelle situation. Ce sont désormais des millions de travailleurs qui votent consciemment pour l’extrême droite. Lors des élections municipales, là où le FN était en capacité de gagner, de nombreux abstentionnistes du premier tour se sont mobilisés au second tour pour favoriser sa victoire.

Ce parti est donc considéré par eux comme un parti crédible pour gérer des municipalités. Le Front National tente de s’implanter dans toutes les communes en constituant des équipes militantes. Il forme des cadres pour gérer les institutions qu’il se prépare à conquérir.

Pourquoi autant de travailleurs basculent vers le FN ?

La première raison est la perte de la culture de classe. Il n’y a pas si longtemps, les ouvriers et les employés étaient conscients d’appartenir à une classe sociale. Ils s’organisaient et agissaient donc collectivement pour défendre leurs intérêts et pour construire une société débarrassée de l’exploitation capitaliste.

Depuis la victoire de la Gauche en 1981, la majorité des travailleurs ont préféré abandonné cette bataille en espérant que cette même bourgeoisie de gauche allait les soutenir. C’était aussi stupide que de demander à un boucher de devenir végétarien !

Aujourd’hui, ils demandent à la famille Le Pen de prendre le relais. C’est encore plus ridicule. Cette famille se présente comme des « ennemis du système ».

* Jean Marie, le père, est élu député à 27 ans ! Çà c’est un métier de rebelle ! Ensuite il va se faire une belle petite fortune grâce à des héritages. Il vit ensuite de ses rentes, c’est-à-dire du travail des autres.

* Sa fille Marine est donc une héritière, élevée dans les quartiers bourgeois de la banlieue parisienne.

* Le gendre, Aliot, est vice-président du FN, professeur d’université puis avocat.

* La petite fille Marion est quant à elle la plus jeune députée de l’actuelle Assemblée nationale.

Beaucoup d’électeurs de l’extrême droite dénoncent les « réseaux occultes » qui dirigent les institutions. Il est vrai qu’au FN, c’est encore mieux, la direction appartient ouvertement à une famille ! Grâce à eux, notre pays va peut être revenir à la royauté héréditaire.

Ils auraient au moins pu faire semblant de faire « populaire ». Par exemple en mettant en avant un ancien ouvrier. Pas du tout, le porte parole du FN, Florian Phillipot, qui joue au rebelle dans les médias est sorti … de l’ENA !
Avec une telle bande de dangereux « révolutionnaires », les patrons et les banquiers doivent avoir très peur !

Une mascarade qui peut très mal finir !

Alors pourquoi autant de travailleurs tombent dans le piège ? S’ils se comportent comme des neuneux, ce n’est pas parce qu’ils sont idiots mais tout simplement parce qu’ils ont peur.

Les travailleurs savent très bien quels sont les responsables de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail. Ce sont tout simplement ceux qui gèrent la société, ses structures de pouvoir : entreprises, institutions,…Ils les ont en face d’eux tous les jours.

Ils savent aussi qu’ils disposent d’un outil pour agir collectivement : le syndicat.

Mais adhérer à un syndicat, ça veut dire prendre ses responsabilités et se battre pour défendre ses intérêts de classe et l’avenir de ses enfants. Mais il est plus simple de s’attaquer à plus faible que soit. Alors on dénonce « les Juifs », « les Arabes », « les étrangers », « les chômeurs », … en faisant référence à son « identité française » ou à d’autres caractères tout aussi abstraits.

On dénonce d’autres travailleurs. On va baver aux spectacles de l’escroc Dieudonné. On s’éclate sur le site internet du libraire fasciste Soral. Mais on tremble le lendemain devant son patron !

Tout le monde sait très bien que l’extrême droite n’a jamais défendu les travailleurs. Les partis d’extrême droite ont toujours été dirigés par des bourgeois et se sont toujours alliés au patronat.

Aujourd’hui, le Front National dénonce les « financiers » dans les médias et revendique des mesures sociales. Mais dès sa création, le Front National a défendu au contraire un programme libéral. Il a soutenu systématiquement les privatisations, les attaques contre la Sécurité sociale, la remise en cause des droits des travailleurs dans les entreprises. Il a toujours dénoncé les grèves et continue de le faire, il s’attaque aux syndicats ouvriers,…

Il change de discours comme un caméléon. Mais il défendra toujours les intérêts de classe de ses dirigeants bourgeois.

Avez-vous déjà vu des militants du Front National vous défendre dans votre entreprise ? Non, ils sont toujours du côté du patron. Et si vous n’êtes pas convaincus, allez leur demander de monter un dossier prud’hommes !

Alors oui, si vous voulez changer la société, il faudra arrêter d’être passif et dominé !

Pour ne plus avoir peur, il faut faire comme nos grands-parents : s’organiser dans les quartiers et dans les entreprises. Les organisations syndicales ont toujours été là pour socialiser les travailleurs, éviter qu’ils tombent dans le piège de l’individualisme.
Et pour transformer la société, il faut utiliser une organisation sociale. Seule une Confédération syndicale est capable de gérer la société. C’est-à-dire
de maîtriser les modes de production des marchandises et des services.

Alors pour vivre enfin libres, débarrassons-nous des patrons et de l’extrême-droite !