Rencontres du syndicalisme d’industrie

Le mouvement syndical doit donc se réapproprier son projet socialiste
mercredi 14 septembre 2011
par  CSR

Nous pensons que la priorité actuelle n’est pas de savoir comment gérer le capitalisme sur une base « sociale ».
Pour nous, la politique ce n’est pas de gérer les institutions capitalistes mais préparer le Socialisme en agissant au quotidien dans ce sens.
Car, si nous voulons que dans le futur les travailleurs gèrent la société, il faut qu’ils commencent, ensemble, à élaborer un plan de gestion.

Le mouvement syndical est confronté à une profonde crise dont on n’arrive pas à voir la sortie.
Cette crise dure depuis le début des années 1980. Les victoires partielles remportées n’ont pas réussi à enrayer la dynamique des défaites. Ces défaites ont créé une culture du repli sur soi. Sans perspective collective, les équipes syndicales se replient sur elles-mêmes, sur leur bassin d’emploi, sur leur entreprise. Cette dynamique crée une dilution de nos forces, de la démoralisation mais aussi une perte d’expérience et une non-transmission du savoir faire.

Sans projet politique commun on se sortira donc pas de cette crise. Mais pour forger un projet politique il faut que les équipes militantes reprennent l’habitude de réfléchir ensemble. Il faut stopper la routine syndicale mais aussi l’activisme. Il faut penser avant d’agir.
Le mouvement syndical doit donc se réapproprier son projet socialiste.

Lors de son congrès de 1906 à Amiens, la CGT inscrit dans sa Charte qu’elle « considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale » afin de faire disparaitre l’exploitation salariale. Depuis cette date, toutes les organisations syndicales qui se réfèrent à la Charte d’Amiens ont poussé le mouvement syndical à développer des pratiques de contrôle et de gestion ouvrière (Bourses du travail avec ses services d’entraide, coopératives, mutuelles puis Sécurité sociale, CE, sport ouvrier,.…). Ce contrôle s’exerçait aussi dans les branches professionnelles, dans la perspective de la socialisation des activités économiques, c’est-à-dire la gestion par les travailleurs.

Aujourd’hui, il est indispensable de faire revivre cette stratégie et ces pratiques.

La CGT s’est construite sur la dynamique du syndicalisme d’industrie, c’est-à-dire de l’organisation des syndiqués sur la base, non pas de l’entreprise capitaliste, mais de la branche professionnelle. Cela a permis de créer les conventions collectives nationales mais surtout de forger une solidarité ouvrière en opposition avec la culture d’entreprise. C’est-à-dire d’imposer un projet socialiste face au pouvoir capitaliste.
Cette structuration en syndicats locaux d’industrie et en fédérations d’industrie a surtout donné de l’intelligence collective. Ces organisations syndicales ont donc permis une collectivisation des connaissances donnant alors vie au projet de collectivisation de la gestion des entreprises.

Car, si nous voulons que dans le futur les travailleurs gèrent la société, il faut qu’ils commencent, ensemble, à élaborer un plan de gestion, c’est-à-dire à penser concrètement aux conditions matérielles du Socialisme. Avant de devenir une classe dirigeante, le prolétariat doit déjà se sentir apte à prendre le pouvoir et à le gérer sur une base collective. Seule cette prise de conscience peut créer de l’espoir, de l’énergie et de la motivation… et à éviter une bureaucratisation.

Nous pensons que la priorité actuelle n’est pas de savoir comment gérer le capitalisme sur une base « sociale ». La décomposition de la société et la souffrance quotidienne des travailleurs imposent d’autres remèdes que des réformettes. Les travailleurs doivent agir et non pas déléguer encore et toujours à de pseudo spécialistes de la « politique ». Pour nous, la politique ce n’est pas de gérer les institutions capitalistes mais préparer le Socialisme en agissant au quotidien dans ce sens.

Nous proposons donc aux syndicalistes de se réunir par branches d’industrie pour construire ensemble des projets de socialisation de nos secteurs professionnels respectifs. Ces réflexions porteront sur la complète socialisation des entreprises, sur la qualité du travail, sur la structuration de la production, sur les effectifs et les conditions de travail,…

Nous invitons donc tous les militants syndicalistes intéressés à nous contacter pour organiser la tenue de réunions locales, régionales et nationales, en nous précisant la branche professionnelle qui les concerne (Transports, Métallurgie, Construction, Santé, Chimie, Education,…)


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