Fiche de formation n°8 Les courants syndicaux

dimanche 7 août 2011
par  James Connolly

Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires (CSR) forment ensemble un courant syndical. Il ne s’agit pas simplement d’une sensibilité, mais bien d’un regroupement de militants syndicalistes qui publient une revue,
des brochures, des tracts, etc., qui débattent ensemble, qui font des bilans, qui sont donc organisés.

La CGT a été à un moment, comme la CGTU, riche de l’existence de plusieurs courants syndicaux.
Il y avait celui du syndicalisme-révolutionnaire dans la CGT d’avant la première guerre mondiale
(qui créa la revue La Vie Ouvrière ). Mais il y avait aussi des courants réformistes qui publiaient
leur propre revues : citons La Revue Syndicaliste d’Albert Thomas, futur ministre pendant
la 1ère Guerre mondiale, mais aussi L’Action Ouvrière des réformistes Keufer (fédération du livre),
Guérard (des cheminots) et Coupat (des mécaniciens).

Dans la CGTU, pendant ses premières
années, au moins trois courants ont
existé : les syndicalistes révolutionnaires,
les libertaires et les
communistes. Chacun d’entre eux
avaient ses propres publications.

Entre les deux guerres mondiales, la
sensibilité syndicaliste-révolutionnaire
n’a pas cessé d’exister, mais pas toujours
sous la forme d’un courant syndical
organisé. Ce qui lui a été dommageable,
et c’est une leçon que nous
avons tiré de notre histoire. La même
chose s’est passé en Espagne : la disparition
des CSR espagnols comme
courant syndical organisé a contribué à
la fragilisation du syndicalisme face
aux politiciens en 1936, qu’ils soient
anarchistes, socialistes ou communistes.

Pour nous, les syndicalistes révolutionnaires
doivent s’organiser
en courant syndical.

Un courant syndical est donc un regroupement
de militants syndicalistes
pour mettre en commun les réflexions
sur le mouvement syndical (ses tactiques,
ses stratégies, ses programmes,…).

Un courant syndical permet alors
de tirer des leçons, de débattre en n’étant
pas enfermé dans son syndicat ou
son union locale.

Les courants syndicaux font vivre aussi
la démocratie syndicale, la vitalité et
l’indépendance du syndicalisme. Car
sinon, en l’absence de réels débats de
fond sur les stratégies à adopter, celles
- ci ne s’élaborent plus dans le syndicalisme
mais à l’extérieur : dans les partis
ou des regroupements réunissant
des dirigeants bureaucratisés des syndicats
avec des parlementaires,

Un courant syndical est donc tout autre
chose qu’un déguisement pour des
partis à l’intérieur du syndicalisme.

Comment doivent exister les courants syndicaux dans les confédérations syndicales ?

Le courant syndical n’a pas pour fonction
à présenter des motions ou des
textes dans les différents congrès
(syndicats, UL, fédérations, UD, confédération).

Ce sont les syndicats qui
doivent garder la totalité du pouvoir de
le faire. Un courant syndical n’a donc
pas pour vocation d’être représenté
dans les instances élues par un certain
nombre de représentants. Dans un
syndicat, une UL, les syndiqués
élus sont porteurs d’un mandat défini
en congrès ou assemblées générales
… C’est ce mandat qu’ils doivent appliquer
au mieux. Qu’ils soient membre
ou pas d’un courant syndical n’a aucune
importance. Le mandaté est jugé
sur le respect de son mandat pas sur
son appartenance à un courant syndical.

Le contre modèle à cette tradition syndicaliste
est le fonctionnement de l’ex-
FEN (fédération de l’Education Nationale)
et de l’actuelle FSU (Fédération
Syndicale Unitaire). Dans ces organisations,
les courants syndicaux
(appelées tendances syndicales) sont
avant tout des organismes qui représentent
des courants et des partis politiques.

Ces sont les courants syndicaux
qui présentent les textes aux divers
congrès, et qui se répartissent
ensuite les places dans les comités
élus. Ce fonctionnement n’a rien de
syndicaliste : c’est une reproduction du
modèle parlementaire des partis.

Pour le CSR, un courant syndical ne
doit regrouper que des militants syndicalistes.

Ne doivent pas en faire partie
des syndicats en tant que tels, ou d’autres organisations confédérées…

La raison est simple : la conscience
de classe du prolétariat n’est
pas homogène, il n’y a donc pas que
des révolutionnaires dans les syndicats
(voire la fiche sur l’organisation révolutionnaire).
Il serait alors contre productif
de faire adhérer à un courant syndical
un syndicat qui s’y reconnaîtrait en
majorité. Ce serait faire jouer aux syndicats,
aux UL le rôle d’un courant
syndical. Ce n’est pas leur rôle. Les
courants syndicaux s’expriment, diffusent
leurs publications et débats parmi
les adhérents. C’est à eux de s’en inspirer
pour décider de l’orientation de
leur propre syndicat, de leur UL, de
leur fédération, de leur confédération.


Documents joints

Fiche de formation n°8 Les courants syndicaux
Fiche de formation n°8 Les courants syndicaux