Fiche de formation n°6 L’organisation révolutionnaire

dimanche 7 août 2011
par  James Connolly

1° L’actualité de la révolution

Depuis en
gros le
début du
20ème siècle
nous
vivons
dans une
époque de
l’actualité de la révolution. Cela
veut dire que la révolution est possible
au moment où nous vivons.
Si on pense le contraire, alors il n’y
a aucun intérêt à construire une
organisation révolutionnaire. On ne
construirait qu’une secte.
Penser notre époque comme
celle de l’actualité de la révolution
implique la nécessité d’une
organisation révolutionnaire.

Car sans outil on ne construit rien !

2° La révolution est internationale

Chacun peut constater que l’actualité
de la révolution n’est pas une
réalité de tous les jours et à chaque
endroit de la planète. Mais
l’histoire des luttes de classes a
démontré que plusieurs fois dans
chaque zone du monde la révolution
a été possible. Donc, l’actualité
de la révolution est une réalité
internationale. La révolution est
possible, à notre époque, non pas
partout et tout le temps au même
moment, mais possible suffisamment
de fois et dans des zones
différentes du monde pour qu’elle
se généralise.

Par conséquent, une organisation
révolutionnaire ne peut exister
et agir qu’au niveau international.
Une organisation révolutionnaire
ne peut se contenter d’attendre
et d’agir pour la révolution dans
un seul pays. Si la révolution se
présente dans une autre région du
monde d’où l’on milite, alors c’est
notre affaire aussi, pas seulement
par esprit de solidarité, mais comme
action concrète pour développer
la révolution mondiale. Car le
capitalisme et l’Etat existent sur
toute la planète.

L’organisation révolutionnaire
doit donc être organisée à cette
échelle mondiale et agir à ce niveau.
L’action concrète et réelle au
niveau mondial n’est possible qu’avec
un syndicalisme organisé par
syndicats d’industrie et par branches
d’industrie. Sinon on passe
son temps à faire des discours sur
la révolution mondiale, mais sans
agir vraiment pour elle. L’organisation
révolutionnaire agit donc pour
que se construise un syndicalisme
de fédérations d’industries au niveau
mondial : c’est sur ce terrain
prioritaire que doivent s’organiser
les travailleurs pour espérer agir
pour la révolution mondiale.

3° Les différentes consciences de classe du prolétariat.

Le prolétariat est traversé par de
nombreuses divisions. La principale
action de la bourgeoisie dans la
lutte des classes consiste d’ailleurs
à entretenir et à augmenter ces
divisions. La conscience de classe
du prolétariat n’est donc pas
homogène : il y a plusieurs niveaux
de conscience de classe,
et qui changent constamment.

La lutte pour la révolution est un
effort des travailleurs pour dépasser
leurs propres divisions en tentant
de former une conscience de
classe plus homogène.
Les consciences de classe du prolétariat
se forment par l’activité
dans les diverses organisations
permanentes du prolétariat : les
syndicats, coopératives, mutuelles,
organisations d’entraide, de loisirs,
… regroupant des travailleurs.

Sans ces organisations permanentes
ne regroupant que des travailleurs,
les prolétaires ne peuvent
espérer faire la révolution, ni construire
la société communiste : il ne
pourraient se forger une conscience
de classe de plus en plus forte
et élevée.

Ces constats ont une grande importance.
Nous avons alors abouti
aux conclusions suivantes :
- notre époque est celle de l’actualité
internationale de la révolution ;
- le prolétariat est divisé : il y a en
permanence différents niveaux de
conscience de classe ;
- le prolétariat nécessite des organisations
permanentes, lieux de
construction de sa conscience de
classe plus homogène, plus unie,
plus rassembleuse de tous les travailleurs
 : sans ces organisations
les travailleurs ne sont qu’un ensemble
d’individus soumis et dominés.

4° La nécessité de l’organisation révolutionnaire

Mais, même organisé en confédération,
avec des UL et des syndicats
d’industrie,… le syndicalisme
est une organisation de front unique
(voir la fiche sur ce thème),
regroupant divers courants de
classe au sein du prolétariat
(courants réformistes, révolutionnaires,…).
Par exemple cela recouvrirait
aujourd’hui dans une
même confédération la CGT, une
partie de FO, Solidaires, la FSU, la
CNT. En effet, le but des syndicalistes
révolutionnaires (SR) n’est
pas de construire une confédération
SR en tant que telle.

Sinon
chaque courant syndical construit
son organisation, plus radicale que
celle du voisin par son idéologie et
son discours pour justifier sa propre
existence. Cette option, qui est
celle de l’anarcho-syndicalisme
par exemple, aboutit à rendre bien
plus difficile possibilité à la révolution,
en divisant les travailleurs.

Cette nécessité d’une confédération
de classe qui est le front unique
a pour conséquence que l’orientation
de la confédération
(ainsi que de ses syndicats, ses
fédérations, ses UL,…) a de grandes
chances de ne pas être révolutionnaire.
Penser le contraire
c’est alors penser que tout le prolétariat
a le même niveau de conscience
de classe, ce qui est impossible
comme nous l’avons vu.

Pour les SR, il est donc nécessaire
de construire une organisation
révolutionnaire (OR). Elle doit regrouper
des militants syndicalistes
qui ont une même orientation
révolutionnaire : construire les
outils de la révolution (voir la fiche
sur les outils révolutionnaires).

A quoi l’organisation révolutionnaire sert-elle ?

Elle joue le rôle de direction révolutionnaire
du prolétariat afin
que celui-ci, organisé dans ses
organisations de classe,
(syndicats et fédérations d’industrie,
unions locales, confédération,
organismes de contrôle ouvrier et
de gestion ouvrière comme les
coopératives, organismes de
culture ouvrière,…), soit gagné à
la perspective de la révolution et
de la construction du communisme.
Cela veut tout simplement dire
 : l’OR propose et défend une
orientation révolutionnaire au sein
du prolétariat donc au sein des
organisations qu’il a créées.


Quelle est cette action de
direction ?

D’abord celle de la propagande et
de la réflexion collective : la défense
du programme et de la stratégie
de la révolution. Elle suppose
bien entendu que les militants
de l’OR soient formés et se forment
en permanence, et forment
autour d’eux des militants syndicalistes.

Cette action de propagande,
de formation, passe par différents
moyens, mais d’abord et surtout
par la mise en commun, par les
réflexions et les synthèses collectives
des militants de l’OR. Ce sont
alors ces synthèses et ces réflexions
qui seront mises à disposition
du prolétariat syndiqué, parce
que les militants de l’OR sont
actifs dans leurs organisations de
classes syndicales, et elles nourriront
alors les réflexions de ces
dernières.

La stratégie de la révolution
doit se débattre à l’intérieur
des organisations de classe du
prolétariat (syndicats, UL, …) et
non pas à l’extérieur de ces organisations.
C’est une des différences
fondamentales entre le SR et
l’extrême-gauche.

Ensuite celle de l’exemple et de
l’action pratique : la construction
des organisations de l’autonomie
ouvrière (syndicats, UL, coopératives,
entraide,…), l’animation des
luttes et de leurs coordinations à
tous les niveaux (du local à l’international).
Ainsi, la direction de l’OR est une
direction basée sur la conviction :
démontrer que l’on peut ici et
maintenant construire nos outils
pour la révolution.

Quelle est la forme de l’organisation révolutionnaire ?

L’OR n’est pas un parti où toutes
les classes sociales pourraient militer.

L’OR ne regroupe que des
militants syndicalistes, elle est une
partie du prolétariat organisé.

Donc, l’OR est un courant syndical
(voir la fiche sur les courants
syndicaux) : pour jouer son rôle de
direction, de formation, de mise en
commun des expériences, dans le
sens du projet révolutionnaire,
l’OR s’organise sous forme d’un
courant syndical.


Documents joints

Fiche de formation n°6 L'organisation révolutionnair
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