Fiche de formation n°4 Le Front Unique

dimanche 7 août 2011
par  James Connolly

L’idée de base du Front Unique repose sur une réalité matérielle incontestable :
l’existence des classes sociales. Parmi celles-ci, il y en a trois fondamentales : la bourgeoisie, l’encadrement capitaliste et le prolétariat.

Comme les intérêts de ces classes sont différents et inconciliables, notre classe, le prolétariat, doit forger au jour le jour son unité de lutte.

Le Front Unique s’exprime sous plusieurs formes.

Unité de lutte sur le lieu de travail :

tous les jours, sur leur lieu de travail, les prolétaires tentent de résister et luttent contre le capital (salaires, conditions de
travail,…). Le Front Unique à la base exprime ces résistances et ces luttes. Que les ouvriers et les employés aient des
idées politiques différentes, des idées religieuses ou pas,… ils ont des intérêts communs. Ils les défendent en dépassant
leurs différences : c’est le Front Unique.

Unité d’action :

Le prolétariat s’organise dans ses syndicats. La division syndicale et l’existence de plusieurs organisations est bien souvent
un frein et un obstacle à la lutte et à la victoire pour les revendications. C’est pourquoi la question de l’unité d’action
est primordiale. C’est une autre forme du Front Unique.

Cette unité d’action peut revêtir plusieurs formes : à la base, sur
les lieux de travail ; au sommet, entre directions des différentes organisations syndicales : entre fédérations, entre UD, entre
confédérations,… Mais le Front Unique n’est possible que si plusieurs conditions sont remplies. Le Front Unique comme
unité d’action doit être basé sur des revendications claires dans l’intérêt des travailleurs.

Le Front Unique comme unité
d’action n’est pas un accord flou entre des syndicats de classe et des syndicats de collaboration de classe. De plus, dans
le Front Unique comme unité d’action, les différentes organisations syndicales doivent garder leur liberté d’action et de
revendications sur tout ce qui ne concerne pas l’unité d’action.

Unité d’organisation :

Le Front Unique est aussi une forme supérieure de l’unité de classe du prolétariat,
par l’unité d’organisation. Il n’y a aucune raison valable qui justifie
la division entre différentes organisations syndicales de classe. Des courants
syndicalistes réformistes, révolutionnaires,… doivent cohabiter dans
la même organisation à condition que leur objectif principal soit la lutte pour
la défense des intérêts des travailleurs contre ceux de la bourgeoisie : le
syndicalisme de classe.

La création de plusieurs organisations syndicales
de classe affaiblit le rapport de forces dans la lutte des classes. Elle aboutit
à créer des obstacles à la grève générale, à gaspiller des forces précieuses
(locaux, moyens, permanences, campagnes syndicales,…). Ces différentes
organisations artificiellement créées sont des appareils, qui ont au
début l’attrait de la nouveauté, mais qui justifient à terme leur existence par
une idéologie politique (l’anarcho-syndicalisme par exemple).

La lutte pour le Front Unique comme unité d’organisation est la lutte pour la réunification syndicale sur les bases du syndicalisme
de classe : syndicalisme d’industrie, syndicalisme interprofessionnel, syndicalisme d’entraide.

Les tendances syndicales :

Pour que le Front Unique comme unité d’organisation puisse être une réalité solide, il faut que l’organisation syndicale de
classe fonctionne avec l’existence de tendances syndicales. Celles-ci sont des courants d’idées, regroupant des militants,
qui défendent leurs idées à l’intérieur de l’organisation syndicale, permettant aux syndicats, aux UL, aux UD,… de bénéficier
de la réflexion collective des ces courants.

Mais bien entendu, la décision reste aux syndicats, UL,… sur la base de
leurs instances. Il n’est pas question de voter sur la base de tendances, pour éviter de reproduire le parlementarisme. Par
exemple, la CGT a très longtemps reconnu l’existence de tendances. Il n’est pas nécessaire que cela soit codifié dans des
statuts. Ces tendances existent par leurs écrits, leurs revues, brochures, leurs journaux… diffusés dans les syndicats. La
Vie Ouvrière, fondée en 1909, était la revue d’une tendance syndicaliste révolutionnaire dans la CGT. A l’époque, les réformistes
avaient aussi leurs tendances et leurs journaux.


Documents joints

Fiche de formation n°4 Le Front Unique
Fiche de formation n°4 Le Front Unique