Fiche de formation n°3 Le contrôle ouvrier

mercredi 3 août 2011
par  James Connolly

Le capitalisme :

Dans le système capitaliste, quel qu’il soit, ce sont les dirigeants, l’encadrement et les hauts fonctionnaires d’Etat ( les "patrons") qui décident.

Ils ont le pouvoir de décision sur tout ce qui est produit, avec quoi on le produit (matières, procédés de production,…), sur les lieux de production, sur les conditions de production et de travail,…

Le résultat est connu : crises économiques, crises écologiques, guerres mondiales, famines, exploitation et domination,…

Le contrôle ouvrier :

C’est une expression qui a une longue histoire dans le mouvement syndical. Dans le fond, c’est la revendication du prolétariat qui conteste le pouvoir des patrons et de l’Etat. Le contrôle ouvrier exprime la volonté du prolétariat de construire un autre pouvoir, pour construire une autre société libérée du capitalisme, pour une société communiste, c’est à dire sans classes sociales et sans Etat et par l’autogestion. Le contrôle ouvrier découle de la stratégie syndicaliste révolutionnaire de l’autonomie ouvrière ou autonomie du prolétariat,

Les différents niveaux de contrôle ouvrier :

Bien entendu, ce pouvoir autogéré du prolétariat n’est pleinement et durablement possible que si le pouvoir patronal et d’Etat est détruit.

En attendant, le prolétariat doit, par la lutte syndicale, construire, sur les lieux de travail et en dehors de ces lieux, des organisations et des modes d’actions qui lui permettent de contester le pouvoir patronal et d’Etat, qui lui permettent de s’exercer au contrôle ouvrier et à la gestion ouvrière sur les moyens de production, sur ses lieux de vie…

C’est aussi une préparation à la grève générale et à sa suite. Quelques exemples pris dans l’histoire récente comme plus ancienne du syndicalisme et des luttes démontrent que cette stratégie
est possible et qu’elle peut et doit être mise en œuvre tous les jours :

- Création de mutuelles ouvrières, puis de la sécurité sociale dans laquelle les syndicats avaient conquis une partie de la gestion.

- Création de coopératives de production et de consommation liées au syndicalisme, afin de contester le consumérisme capitaliste,
afin d’exercer les syndiqués à la gestion en combattant la division du travail.

- Création des Comités d’entreprise qui peuvent être autre chose que de simples chambres d’enregistrement avec des élus subissant la loi patronale. Des CE liés à leurs syndicats d’industrie (et non pas d’entreprise) et à leurs fédérations d’industrie pourraient être de puissant outils de contrôle ouvrier. A la base, sur les lieux de travail, l’ensemble des travailleurs trouveraient alors un moyen d’action pour contrôler leur activité.

- En mai 1968, comme par exemple à Nantes, les syndicats ont exercé une partie du pouvoir sur la distribution de vivres et de carburant à la population.
En 1945, à la Libération, à Marseille par exemple, les ouvriers ont exercé la gestion de leur usine. En Italie à la fin des années 1960, un puissant mouvement d’autonomie ouvrière a existé, contestant l’organisation du travail dans les usines, imposant le contrôle sur les rythmes de travail, agissant sur la santé des travailleurs… Plus près de nous, en Argentine, en 2001 et en 2009 par exemple, des ouvriers ont occupé et ont remis en route leur usine

Stratégie révolutionnaire :

Il ne s’agit là que de quelques exemples des très nombreuses expériences de contrôle ouvrier. Comme on le voit, le contrôle ouvrier est une expression qui exprime en fait le pouvoir de la classe des prolétaires à se prendre en main et à agir sur tous les aspects de sa vie. On pourrait aussi citer les activités sportives (le sport ouvrier), culturelles, sur le logement, etc…

Dans tous ces domaines, il a existé et peut exister le contrôle ouvrier.

Le contrôle ouvrier fait donc partie de la stratégie révolutionnaire du syndicalisme révolutionnaire. Sans un prolétariat habitué à contrôler et à gérer tous les aspects de sa vie, qu’elle soit productive ou non, alors une société réellement débarrassée de l’exploitation ne pourra
jamais exister. Les exemples de plusieurs expériences révolutionnaires
nous le prouvent. La révolution se prépare tous les jours car elle doit préparer les femmes et les hommes capables de garder et d’exercer le pouvoir sur la production et de ne pas le perdre au profit d’une nouvelle classe d’exploiteurs. Celle-ci n’apparaît que par l’incapacité du prolétariat à exercer son pouvoir de gestion.


Documents joints

Fiche de formation n°3 Le contrôle ouvrier
Fiche de formation n°3 Le contrôle ouvrier