Urgence : la grève reconductible !!!

Tract de Septembre 2010
dimanche 26 septembre 2010
par  James Connolly

Ce qui est nouveau par rapport à 2008 et surtout 2009, c’est que la question de la grève reconductible ne se pose plus uniquement dans un cercle très restreint de militants.

Actuellement, cette exigence monte chez les salariés, notamment les plus exploités, mais de façon très concrète : comment faire pour organiser une grève reconductible ? Il est clair et évident pour beaucoup que sans une grève interprofessionnelle, massive et reconductible, la lutte contre le projet de réforme des retraites sera perdue.

La clé de la solution : la CGT

Depuis le déclenchement de la crise capitaliste en 2008 et la montée en puissance de la protestation, la direction confédérale de la CGT a constamment refusé d’appeler à la grève interprofessionnelle reconductible.

Un des arguments avancés était que jamais la CGT n’avait appelé à ce type de grève dans son histoire. L’argument ne tient pas car il est historiquement faux.

En 1906, la CGT a appelé à la grève reconductible de tous les salariés pour gagner la journée de 8 heures, en préparant pendant de longs mois l’ensemble de l’organisation à cette échéance.

En 1944, elle a appelé à la grève générale, y compris par les armes, pour se débarrasser de l’occupant nazi.

En 1947, elle a décidé au niveau national de lancer de grandes grèves pour les salaires, grèves coordonnées dans un comité national de grève.

En 1968, si la confédération CGT n’a pas appelé à la grève interprofessionnelle reconductible au niveau national, le discours était clair envers les militants : devant le développement de grèves avec occupation, tout le monde devait être sur le pont pour développer les grèves, les organiser, décider avec les salariés de la reconduction, syndiquer les salariés sans syndicat,…

Depuis 2008, et encore plus aujourd’hui, la direction de la confédération CGT a donc clairement affiché sa stratégie : pas de grève interprofessionnelle reconductible.

Elle tourne le dos à toute l’histoire de la CGT. Depuis plus de 2 ans, elle a tout fait pour empêcher que ce débat ne traverse l’ensemble des syndicats CGT, des UL, des UD et des fédérations. Un débat qui aurait préparé les militants à cette éventualité, à se tenir prêt avec les salariés quand la période serait favorable, ce qui est le cas aujourd’hui. On peut conclure ici que la direction confédérale de la CGT a choisi la stratégie de la défaite, volontairement, car elle sait parfaitement que sans grève reconductible à une échelle massive, les salariés seront battus.

La CGT a peur d’un mouvement de masse des exploités, de ceux qui n’ont rien à perdre face à l’avenir qui leur est promis : elle a depuis longtemps estimé que le monde ne changerait plus de base. Elle est forcée par la montée de l’exigence, certes encore minoritaire, de la grève reconductible parmi les militants et les salariés, d’en parler à mots couverts, un peu, mais pas de trop.

Plutôt que de prendre ses responsabilités de direction d’une confédération, de pousser l’ensemble des organisations de la CGT (des syndicats, des UL, des UD, des fédérations) à débattre en interne et avec les salariés de la nécessité incontournable de poser concrètement la question de l’organisation de la reconduction, elle a fait le choix de désorganiser ce qui est en train de prendre forme.

Mais la direction de la confédération CGT n’est pas la seule responsable. A chaque niveau ses responsabilités.

Les directions des UD et des fédérations se sont montrées jusqu’ici très frileuses pour dire clairement que la reconduction devait se poser très vite, qu’elle devait s’organiser, que la CGT devait monter d’un cran dans ses formes de mobilisation,… Leur responsabilité est grande de n’avoir pas incité dans leur propre organisation à ce débat en 2009, notamment avant le congrès confédéral : elles se contentaient de renvoyer les militants sincères en leur attachant l’étiquette du gauchiste adepte de la « grève générale » toute l’année.
On voit le résultat aujourd’hui…

Il y a aussi le rôle de frein que de nombreux militants syndicaux jouent dans les entreprises : défaitisme, enfermement dans l’entreprise quand l’urgence est de reprendre le chemin des unions locales, lieux où doit s’organiser la reconduction possible des grèves, lieux d’où doivent partir des initiatives vers les déserts syndicaux où la volonté d’en découdre avec les patrons est très présente, que ce soit sur les retraites, mais aussi l’emploi et les salaires. Il y a un changement de dimension que de trop nombreux militants n’arrivent pas à saisir : les habitudes de l’activité syndicale centrées sur l’entreprise (surtout les réunions de CE, DP,…) doivent laisser place à la priorité de la lutte au niveau interprofessionnel.

Ce frein, qui s’explique par les trop nombreuses années de défaites, par le combat isolé dans l’entreprise, par le refus des directions confédérale et fédérales à impulser le débat de fond, ce frein doit être desserré. Il faut aller bousculer nos camarades qui n’y croient pas, multiplier les contacts des militants par UL, par zones industrielles,… : si nous gagnons ces militants à la perspective de la grève reconductible, alors celle-ci deviendra irrésistible.

Solidaires, FSU, FO : au pied du mur

Au-delà des discours sympathiques de leurs directions nationales sur la « grève générale », les militants de ces organisations doivent se poser lucidement la question de l’organisation pratique de la grève reconductible : là où les UL ne fonctionnent pas réellement comme outil syndical interpro, il faut rencontrer les travailleurs des autres entreprises et dans sa ville pour les mobiliser et unir toutes les forces immédiatement avec le réseau des UL de la CGT.

12 octobre : de la nécessité d’une perspective

Pour que la journée du 12 octobre ne siffle pas la fin des mobilisations, TOUS les militants syndicaux de classe, quelque soit leur sigle, poseront avant cette date, publiquement et concrètement la question de la reconduction de la grève, dans leur syndicat, leur UL, leur UD,… Prenons au mot ce que la direction de la CGT répète : la grève doit s’ancrer dans les entreprises et localement. Car oui, nous, nous le voulons vraiment.

Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires


Documents joints

Urgence : la grève reconductible
Urgence : la grève reconductible