Au sujet de la candidature de Jean Pierre DELANNOY

jeudi 12 novembre 2009
par  James Connolly

Les militants des CSR ont appris l’annonce de la candidature de J.P. Delannoy, secrétaire de l’USTM-CGT 59-62, aux fonctions de secrétaire général confédéral, en lisant la presse nationale.

Notre organisation a ensuite été sollicitée pour apporter son soutien à cette candidature.

Nous partageons des analyses et des propositions parmi celles formulées par le collectif de militants et de syndicats soutenant cette candidature. Mais les désaccords nous apparaissent trop profonds sur des éléments fondamentaux.

Nous avons donc repoussé cette proposition de soutien pour plusieurs raisons :

1) Sur la forme :

a. La candidature du camarade Delannoy nous apparaît être plus une opération de communication qu’une initiative lançant une véritable réflexion sur les enjeux et l’ordre du jour du congrès. Nous regrettons au quotidien la faiblesse des débats qui traversent nos organisations syndicales. Il est donc dommage que les débats de congrès soient contournés par une externalisation des lieux d’échanges et d’analyses collectifs.

b. Il y a une contradiction profonde à dénoncer l’actuel bureau confédéral dans son mépris du fédéralisme pour ensuite, nous mêmes, passer outre nos règles de fonctionnement collectif confédérales. Une candidature à une fonction syndicale interprofessionnelle doit émaner d’un mandat donné par une organisation syndicale. La réponse conjointe de l’UD CGT Nord et de la FTM CGT est malheureusement limpide sur le point de l’absence de candidature déposée par J.P. Delannoy.

Au final, nous ne pouvons donc qu’être étonnés d’apprendre une candidature au secrétariat confédéral par l’intermédiaire de la presse bourgeoise ! Candidature provenant d’un camarade non mandaté, ou ayant délibérément choisi de ne pas suivre les règles de fonctionnement collectif.

2) Sur le fond :

Oserions nous dire qu’un congrès confédéral ce n’est pas la Star’ac. La question n’est pas de savoir quel secrétaire confédéral élire mais bien de mandater une équipe militante sur des mandats précis.

A ce jour, nous entendons très bien le discours de J.P. Delannoy et sa réaffirmation verbale du syndicalisme de lutte de classe. Mais nous restons toujours dans l’attente de propositions concrètes pour faire vivre ce syndicalisme de classe au quotidien dans les entreprises, dans les quartiers et dans les communes.

A ce sujet, les rares allusions à l’ordre du jour du congrès confédéral nous inquiètent vivement. Le camarade Delannoy nous donne l’impression, en s’arc-boutant sur le syndicalisme d’entreprise, de se faire le porte parole des corporatismes qui gangrènent notre confédération depuis des décennies. Or ce corporatisme, lié au syndicalisme d’entreprise, est le principal obstacle à la construction de la grève générale. Une grève générale qui se construit non pas par le discours mais par l’implication syndicale réelle des militants, en sortant de leur entreprise.

Ce sont les syndicats d’industrie, regroupant localement tous les travailleurs d’une même branche professionnelle, qui ont permis de développer la CGT et de construire des luttes victorieuses.

Condamner aujourd’hui le syndicalisme d’industrie, comme un vecteur de CFDTisation, comme le font beaucoup de camarades et J.P. Delannoy, prouve une méconnaissance totale de notre histoire. Rappelons que le syndicalisme d’industrie fait partie intégrante du syndicalisme de classe comme en témoignent les congrès et textes de la CGT, de l’Internationale Communiste et de l’Internationale Syndicale Rouge.

Nous regrettons également que des responsables CGT, utilisant leur fonction syndicale, s’attaquent à J.P. Delannoy sans avoir été mandatés par leurs adhérents pour le faire.

Nous restons cependant à la disposition des partisans de cette candidature, et des autres adhérents CGT, afin d’échanger fraternellement sur les résolutions, portées lors de ce congrès.

Fraternellement, le secrétariat des Comités Syndicalistes Révolutionnaires.