Donnons-nous les moyens de défendre les emplois dans l’industrie !!!

mercredi 21 octobre 2009
par  James Connolly

Les restructurations capitalistes dans l’industrie sont incessantes. La crise actuelle est utilisée par les grands groupes pour en accélérer le rythme. Cela se traduit par des dizaines de milliers de licenciements, des territoires dévastés par le chômage et la désespérance.

Face à cela, deux attitudes :

- Soit la négociation à froid, avec le patronat et le sommet de l’Etat pour limiter la casse et accompagner les restructurations capitalistes. C’est le choix du syndicalisme jaune type CFDT, CFTC,…

- Soit engager une lutte acharnée contre ces mêmes restructurations.

C’est le choix de plusieurs syndicats dont les médias relatent parfois le combat. Le problème c’est qu’il n’y a pas d’organisation syndicale nationale suffisamment forte qui défende cette seconde position. Car plusieurs directions fédérales de la CGT et la direction confédérale se situent entre les deux attitudes… et de plus en plus vers la première. Voilà une chose certaine, mais inutile de crier à la trahison. Pour être efficace il faut se mettre au boulot en prenant nos responsabilités.

Une orientation claire : NON aux licenciements !

Pour défendre les emplois dans l’industrie, il faut avoir d’abord une orientation claire. On ne peut défendre des emplois en régime capitaliste que si on lutte contre les licenciements et autres plans dit sociaux. C’est la lutte prioritaire. Toute autre orientation n’est qu’un camouflage d’une adaptation aux restructurations capitalistes. Il faut choisir son camp.

Se donner des moyens adaptés à l’orientation

Il s’agit d’être efficace. L’incantation à la « convergence des luttes », à la « grève générale » a autant d’efficacité que d’attendre de l’horoscope la date de la révolution. Le débat doit porter sur les moyens pour y arriver. Et là il y a tout de suite moins de monde pour parler…

Il s’agit d’imposer une défaite à la stratégie de grands groupes, multinationales et donneurs d’ordre, qui font la pluie et le beau temps dans les branches industrielles. C’est l’objectif immédiat. Il faut alors être organisé par industrie. C’est à dire dépasser la logique corporatiste du syndicat d’entreprise. Il faut passer très vite à la création de syndicats d’industrie en unifiant localement, par zone industrielle ou par bassin d’emplois les syndicats d’entreprise d’une même industrie.. Sans cela, on ne pourra pas être efficace.

Si on gagne, même partiellement, dans certaines branches, par une action de masse organisée dans ces branches, alors l’horizon s’éclaircira pour tous les autres salariés. Alors la « convergence des luttes » et la « grève générale » seront des mots qui prendront la couleur d’un objectif concret atteignable.

Ce type d’organisation syndicale par industrie permettra de porter la lutte à toute une branche, que ce soit avec des boites actuellement en lutte, comme les autres qui ne le sont pas encore. Cela donnera une perspective concrète à la lutte contre les licenciements en obtenant le rapport de force face aux donneurs d’ordres de la branche. Cela permettra de lutter contre le défaitisme bien souvent compréhensible qui fait préférer la sécurité des primes supralégales au combat. incertain pour le maintien des emplois.

Les actions à organiser par branche, avec des structures syndicales par branche doivent se faire tant au niveau national, qu’européen et international. Pour battre la stratégie capitaliste, pour gagner la lutte contre les licenciements, c’est donc le blocage de la production de la branche qu’il faut organiser. L’organisation par industrie permet de déterminer les points forts et faibles du patronat d’une branche donnée, et donc d’adopter les tactiques adaptées à la victoire.

Tout ce travail devrait être fait par les fédérations, qui devraient annoncer clairement l’objectif. Ce n’est pas le cas, nous devons donc nous prendre nous-mêmes en charge. De plus, ne peut-on pas, dans certaines branches, et dans certains cas, organiser la relance de la production sous contrôle ouvrier ?

Ce qu’il nous faut, c’est le pouvoir !

La lutte contre les licenciements menée de cette façon a comme objectif d’initier un cycle de victoires contre le capitalisme et ses grands groupes industriels. Mais ces victoires ne seront, nous le savons, que partielles et toujours remises en cause par les patrons et l’Etat.

Ce qui est en jeu avec les emplois industriels, ce n’est pas seulement le nombre d’emplois sur tel territoire.

Sur la base d’une lutte intransigeante pour le maintien des emplois industriels, le syndicalisme doit aller beaucoup plus loin, pour ne pas avoir à recommencer toujours les mêmes batailles face à des mesures qui brisent des centaines de milliers de vies.

Le syndicalisme doit se poser les questions :

- quelles industries, c’est à dire que devons nous produire, pour répondre à quels besoins sociaux ?

- où doit-on produire ?

- dans quelles conditions produire et avec quelles conséquences ?

- quels salaires, mais aussi quelles conditions de travail, quelles conditions de sécurité pour les ouvriers mais aussi pour la population environnante ?

- quels impacts sur l’environnement telle production à tel endroit implique-t-elle ?

Doit-on laisser les patrons et l’Etat décider de tout cela à notre place ? NON !

C’est donc bien une question de POUVOIR qui est en jeu. Non pas le faux pouvoir d’une Assemblée Nationale et d’un Sénat croupions, ni des institutions de la bourgeoisie.

Nous devons construire notre propre POUVOIR qui réside dans nos syndicats, organisés par industrie, regroupés en unions locales et départementales, puis dans une confédération.

Ce combat pour la défense des emplois industriels, mené par cette méthode et avec ces outils, est la préparation à la grève générale que beaucoup souhaitent mais qui demande de la préparation, des luttes partielles organisées, des débats et des bilans sur les défaites et les victoires.

Bref tout sauf un simple claquement de doigts.

Ce sont là les ingrédients indispensables à une grève générale victorieuse pour le POUVOIR du PROLETARIAT organisé dans ses ORGANISATIONS SYNDICALES de CLASSE.


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Tract 22 octobre 2009
Tract 22 octobre 2009

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