Le syndicalisme "libre" : une nouvelle tentative dans l’entre-deux-guerres.

samedi 24 mai 2008
par  James Connolly

A partir de 1911, se créent des syndicats libres dans le bâtiment qui donneront naissance à l’Union des syndicats libres de la Seine, liée à une Bourse du travail libre. Ces syndicats maintiendront leur activité pendant la guerre mondiale. Il est vrai qu’ils se lancent corps et âme dans l’effort de guerre, leur principale activité étant la mise en place de bureaux d’embauches pour les usines de la défense nationale.

En 1918, le 4ème congrès des syndicats indépendants décide la création de la Confédération nationale du travail (CNT). Elle se démarque du syndicalisme chrétien et de l’expérience du syndicalisme jaune auxquels sont reprochés les liens politiques. La CNT se veut indépendante. Sur le reste, la convergence semble être totale.

Cette confédération a peu de résultats à son crédit. Elle s’est opposée à la journée des 8 heures car la priorité est pour elle la reconstruction de l’économie nationale. Sa principale action sera de développer une propagande contre les grèves de cette période qui sont condamnées comme étant des actions politiques qui visent à déstabiliser le pays. La CNT se démarque donc des réformes de l’époque qui auraient justement pu crédibiliser son discours de collaboration de classe. La CNT n’arrivera donc pas à se développer dans les années 20 et 30. Il est vrai que le syndicalisme de classe est en net recul et ne justifie donc pas la création d’organismes pouvant servir d’obstacle.

Il faut attendre 1936 pour voir la constitution des Syndicats professionnels français (SPF) impulsés par les ligues nationalistes du colonel de La Roque. Les SPF seront très actifs lors des grèves de 1937 et 38 pour freiner l’extension du mouvement, entre autre aux usines Renault. Mais ce syndicalisme est très marqué politiquement.

La principale composante du syndicalisme jaune est à rechercher ailleurs. Il se construit au sein même de la CGT et trouve son apogée dans la tendance Syndicats de la confédération. En juillet 1940, son dirigeant, Belin, se retrouve en toute logique ministre du travail de Pétain. Le programme de collaboration de classe peut enfin se matérialiser à travers la loi du 4 octobre 1941, plus connue sous le nom de Charte du travail. La collaboration de classe glisse automatiquement vers la collaboration de classe avec l’occupant nazi.