La CGT et les exonérations de cotisations sociales : le tournant se confirme !

mercredi 1er avril 2009

La direction de la confédération confirme son tournant vers des propositions (on ne peut parler dans ce cas de revendications !) vers le patronat et l’Etat : des milliards de cadeaux aux patrons !

Un document publié dans Le Peuple n° 1681 du 18 mars 2009 sur les 5 propositions de la CGT sur l’industrie en France, signé par JC Le Duigou et N. Mansouri-Guilani, confirme la position de la direction de la CGT sur les exonérations de cotisations sociales.

Après la déclaration d’une délégation de la CGT au Conseil d’Orientation de l’Emploi en février 2008, puis les déclarations de Bernard Thibaut au journal le Monde du 18 mars 2009, liant les exonérations de cotisations sociales à des hausses de salaires, de nouveau des responsables au plus haut niveau engagent la CGT en faveur des exonérations de cotisations sociales.

Dans ce document on peut lire la proposition suivante, qui est tout sauf négligeable :
« Nous proposons de convertir immédiatement la moitié des allégements de cotisations sociales en financement à hauteur de 10 milliards d’un plan de promotion du travail industriel et des services liés. »
En effet, 10 milliards c’est à peu près la moitié (un peu moins en fait) des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les patrons. Alors que le même document dénonce la contradiction entre « d’un côté, les vingt grands groupes français à base industrielle affichaient, début 2008, 50 milliards d’euros de profits nets ; de l’autre, l’industrie française ne cessait d’accumuler les problèmes ».
Qu’importe, la direction de la CGT ne propose pas de se battre pour prendre sur les profits afin de financer ses propositions pour le maintien et le développement de l’emploi industriel (développement pas seulement dans un sens quantitatif mais aussi qualitatif : hausse de salaires, amélioration des conditions de travail,…). Elle propose d’exonérer de 10 milliards d’euros par an les capitalistes ! Elle abandonne la bataille pour la hausse du salaire socialisé. Elle justifie de fait tout le discours patronal et des gouvernements successifs depuis 30 ans sur le « coût du travail ». Et le fait de rappeler dans le même document que les arguments patronaux sur les « charges sociales » sont des « arguments fallacieux » (on nage en pleine contradiction !), ce rappel de principe n’a que peu de poids face à la proposition d’exonérer de 10 milliards le patronat, proposition que ce texte veut voir négocier au plus haut niveau avec l’Etat et le patronat.

Ainsi donc, si on fait le compte, on se dirige bien par étapes, mais sûrement, à une prise de position de la direction de la CGT vers des exonérations massives de cotisations sociales pour :
-  financer l’emploi
-  financer des hausses de salaires directs.
C’est exactement, dans le fond, ce que disent patronat et gouvernements depuis des décennies.

Il est plus qu’urgent que nos syndicats, unions locales et départementales et fédérations se prononcent sur ces prises de position répétées de dirigeants de la confédération. Elles sont condamnables sur la forme par non respect de la démocratie syndicale la plus élémentaire, comme sur le fond par une remise en cause de la position de classe de la CGT : la hausse du salaire, socialisé et direct, le développement de l’emploi, ce sont les profits patronaux qui doivent les financer.