La CGT et les exonérations de cotisations sociales

dimanche 22 mars 2009

La direction de la CGT persiste, par la voix de son secrétaire général, à proposer des hausses de salaires contre des exonérations de cotisations sociales.

Les dernières déclarations du secrétaire général de la CGT au journal le Monde du 18 mars à propos des exonérations de cotisations sociales ne sont pas pour nous étonner. Bernard Thibault ne fait là que confirmer le cours emprunté par la direction de la confédération depuis un moment déjà. Voyons ces déclarations.

A la question du journal sur les propositions de la CGT, il répond : « Nous proposons que toute entreprise qui n’aurait pas conclu d’accord salarial avant le 1er juin perde les exonérations de cotisations sociales. Le gouvernement ne nous répond pas, donc dit non. Il faut que les exonérations ne soient pus distribuées à l’aveuglette, mais en fonction du comportement des entreprises sur l’emploi et la politique salariale ».

Il ne s’agit pas là d’un coup de sonde du bureau confédéral, d’un coup d’essai. C’est, à notre connaissance, au moins la seconde fois que la CGT fait cette proposition.

Celle-ci est totalement en contradiction ave les revendications de la CGT. Le secrétaire général a agit en piétinant la démocratie syndicale, en se foutant royalement de la fameuse Charte de la Vie Syndicale que tous les dirigeants agitent au nez des militants de base pour leur donner la leçon de syndicalisme !

Cette proposition avait déjà était proposée par une délégation de la CGT au Conseil d’Orientation pour l’Emploi (COE) du 6 février 2008. La CGT y avait déclaré : « La CGT propose au Conseil d’orientation pour l’emploi que les exonérations de cotisations sociales soient conditionnées à la hausse effective des salaires ». Plus loin il est rappelé, quand même et en totale contradiction avec la proposition, que la CGT reste fondamentalement contre les exonérations. Cette déclaration d’une délégation dont on n’a pas pu avoir la composition n’est restée que quelques jours sur le site confédéral. La fédération CGT des organismes sociaux, suite à son congrès de mai 2008, a fait une déclaration au CCN des 27 et 28 mai 2008 où elle a fermement condamné la déclaration de la CGT au COE.

Mais rien n’ y a fait. La direction de la CGT se pose en donneuse de leçons de démocratie syndicale avec ses chartes de la vie syndicale, des élus et mandatés,... pour ne pas en tenir compte quand il s’agit d’elle-même.

Rappelons que les exonérations de cotisations sociales constituent en réalité des baisses de salaire, c’est une baisse de la partie socialisée du salaire. La direction confédérale en est arrivée maintenant à prôner la baisse du salaire socialisé contre une augmentation du salaire direct.

Il est temps de réagir. Syndicats, unions locales et départementales,... doivent fermement interpeller la commission exécutive et le bureau confédéral pour que cessent ces déclarations contraires aux revendications de la CGT, et pour rappeler sa position de principe : suppression des exonérations de cotisations sociales.

Est-ce que le secrétaire général de la CGT a profité de ce qui a été conclu en Guadeloupe pour faire de nouveau cette proposition ? Car en effet, l’accord salarial dans le privé en Guadeloupe prévoit que les hausses de salaires seront exonérées de cotisations sociales. On le regrette, et les camarades guadeloupéens doivent sûrement le regretter aussi. Mais eux ont abouti à un compromis, après 45 jours de grève générale, et nous n’avons aucune leçon à leur donner.
Toute autre est la position de la direction de la CGT qui s’exprime et fait ces propositions où le rapport de force est sans commune mesure avec celui de la Guadeloupe.
Si la pratique syndicale et l’orientation de la direction de la CGT était celles de nos camarades de Guadeloupe, à n’en pas douter, le rapport de force serait suffisant pour supprimer toutes les exonérations de cotisations sociales.