FO défend la division syndicale pour espérer survivre

dimanche 14 septembre 2008

La CGT Sochaux a publié le tract suivant qui rappelle que FO est mal placée pour donner des leçons à la CGT. Le CSR est contre l’accord sur la représentativité et demande le retrait de la signature CGT. Le refus de FO semble plutot venir de la peur des dirigeants de voir leur appareil disparaitre que de défendre le syndicalisme de classe.

La semaine dernière, CGT, CFDT, FSU et Solidaires appelaient à manifester contre l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation, et le projet gouvernemental contre les 35 heures.
Ces manifestations ont réuni 500 000 personnes, mais le gouvernement veut profiter de la division syndicale pour passer en force.

Les dirigeants de FO, non seulement ne se sont pas joints à cette mobilisation mais ils ont, par voie de tracts, tout fait pour dissuader les salariés d’y participer.

Pour la CGT, qu’il y ait des désaccords entre syndicats, c’est compréhensible. Mais, ce qui est grave c’est que les salariés fassent les frais d’un règlement de comptes entre syndicats.

Les faux prétextes

Les dirigeants de FO écrivent : « Trop de manifs tue la manif ». Alors qu’ils n’ont fait qu’1 manifestation contre les 41 ans de cotisations, c’est se moquer du monde !
Les dirigeants FO proposent de se mobiliser « à la rentrée ». Alors que les projets de loi sur la retraite et le temps de travail doivent être adoptés en juillet, c’est vraiment avoir une guerre de retard !
En réalité, les dirigeants FO se vengent sur le dos des salariés de la « position commune sur la représentativité syndicale » adoptée par la CGT et la CFDT (voir encadré).

La critique

Les dirigeants FO déclarent que le projet de loi contre les 35 heures est la conséquence de la « position commune » et demande à CGT et CFDT de retirer leurs signatures.
Le secrétaire de FO critique notamment l’article 17 de cette position commune qui permet de négocier le contingent d’heures supplémentaire dans l’entreprise.
La CGT n’a pas pour habitude de répondre aux opérations de division. Mais là, c’est trop :
La critique est une chose, le mensonge une autre, et l’oubli délibéré, malhonnête.

Position commune sur la représentativité

Rappel

Aujourd’hui, la loi considère que 5 syndicats sont représentatifs au niveau national (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE/CGC).
Cette disposition leur permet de signer des accords avec les patrons dans toutes les entreprises, même là où ils ne représentent rien ou pas grand-chose.

Et certains en profitent : « J’obtiens quelques menus avantages pour moi ou mes adhérents en échange des signatures demandées par l’employeur. »
Des salariés se voient ainsi appliquer des accords minoritaires, souvent sans qu’on leur ait demandé leur avis.

La « position commune » vise à mettre fin à cette rente de situation.

La voix des salariés

Si la « position commune » s’applique, un accord ne sera valable que si les signataires ont réuni aux dernières élections de l’entreprise au moins 30 % des voix (dans un premier temps) et à terme au moins 50 % des voix.
Un progrès pour la démocratie sociale !
Quant aux syndicats qui auront réuni moins de 10 % des voix, ils ne seront pas considérés comme représentatifs et ne pourront ni négocier ni signer au nom des salariés.
Ce sont donc les salariés eux-mêmes qui auront le pouvoir de choisir leurs syndicats et combien seront « représentatifs » !

Le mensonge

Les dirigeants FO affirment que, jusqu’à présent, le nombre maxi d’heures supplémentaires (contingent) ne pouvait pas être fixé par entreprise, mais seulement par branche professionnelle (métallurgie, textile, commerce, etc..) ce qui représentait une protection pour les salariés des petites entreprises.

Soit les dirigeants FO ne connaissent pas le Code du Travail.
Soit ils mentent délibérément à leurs adhérents et aux salariés.
En effet, l’article L3121-12 du Code du Travail, prévoit déjà cette possibilité : « Le contingent annuel d’heures supplémentaires peut être fixé à un volume supérieur ou inférieur à celui déterminé à l’article L3121-11 par un accord collectif de branche ou un accord d’entreprise ou d’établissement »

Cette disposition qui date du 12 mars 2007 est très dangereuse : il suffit d’un accord-bidon dans une entreprise pour que l’employeur puisse imposer aux salariés des journées et des semaines à rallonge.

La position commune

Dans l’article 17 de la position commune, nous avons obtenu que le contingent négocié dans l’entreprise ne soit applicable que si l’accord est majoritaire.
Bien sûr, nous préférerions qu’il n’y ait pas de dérogation à la hausse, mais puisque le Code du Travail le permet, il était de notre responsabilité de protéger les salariés contre les accords-bidon.
C’est sans doute cette protection que les dirigeants FO ne supportent pas ! Car, depuis des années, ils cautionnent et signent tous les allongements de la durée du travail.

La mémoire courte

Dans la Métallurgie, les dirigeants FO ont signé :
en juillet 1998, le passage de 94 à 130 heures sups.
en 2002, le passage à 180 heures sups,
en 2004, le passage à 220 heures sups.

Ce qui permet à certains patrons d’imposer à leurs salariés 40 heures par semaine (en moyenne) avec des pics à 48 heures !
Le gouvernement s’engouffre dans la brèche.

Depuis longtemps, le gouvernement cherche à dynamiter les 35 heures, en faisant de la durée légale du travail, une durée « indicative » qui peut être dépassée et détournée à toute occasion.

La position commune, avec la condition d’un accord majoritaire, mettait un frein à ces prétentions.

Avec le feu vert des dirigeants FO, le gouvernement refuse de respecter cette position commune, et dans son projet de loi, il supprime l’obligation d’un accord majoritaire !

Une nouvelle fois, les salariés risquent de faire les frais de l’attitude de certains dirigeants syndicaux.

La CGT, au niveau national, a appelé tous les syndicats à retrouver le chemin de l’unité et de la défense des salariés.