RETRAITES : LA VÉRITÉ !

mercredi 14 novembre 2007

BILAN DES FÉFORMES

On ne travaille pas plus longtemps

Gouvernement et patronat se moquent des salarié-e-s : les chiffres démontrent
que la notion du « travailler plus longtemps » est en décalage avec la réalité du
travail :

37 ans :
C’est la moyenne actuelle de durée des cotisations des salarié-e-s

57,5 ans :
C’est l’âge moyen de cessation d’activité des salarié-e-s dans le privé.

57%
des salariées ne sont plus en activité lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite (préretraite, chômage, invalidité ou longue maladie). En 1983, ils n’étaient que 40% dans ce cas : la réforme, qui soi-disant incite à cotiser plus longtemps, n’a rien changé.

on subit une baisse importante de la pension.

Avec les réformes de 1993 et 2003, les salariés ne peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein qu’avec 40, bientôt 41 et ensuite 42 ans de cotisation. Sauf exception, personne ne peut travailler autant et la pension, calculée en proportion du nombre d’années travaillées, baisse au fur et à mesure.

Et comme c’est encore trop pour le gouvernement et le patronat, ils ont ajouté une pénalité supplémentaire : la pension est réduite de 5% par année manquante.
Le pensionné moyen, qui n’a réussi à cotiser que 37 ans, subit une réduction de 3 ans x 5% = 15% de sa pension. Il touche ainsi moins de 59% de son salaire.

L’entrée de plus en plus tardive des jeunes dans le monde du travail, la persistance d’un taux de chômage élevé, la multiplication des situations de précarité... tout cela rend de plus en plus aléatoire la possibilité d’avoir son nombre d’annuités au complet. Cela devenait déjà difficile avec 37,5 annuités, ce sera quasi impossible avec 40, 41 ou 42 annuités. Il y aura une baisse de la pension au titre des annuités manquantes aggravée d’une baisse due à la décote.

Le système par répartition est basé sur un double principe de solidarité : les actifs cotisent pour les retraités, les plus anciens laissent la place aux plus jeunes. Ce double principe est détruit par les réformes précédentes et celles annoncées par le gouvernement !

Telles sont les conséquences de ces réformes imposées aux salariés pour soi-disant sauver la retraite par répartition. Au nom de la productivité et de l’atteinte d’objectifs souvent surréalistes, les patrons n’hésitent pas à se débarrasser de salariés vieillissants, moins productifs, plus souvent absents,
mieux rémunérés. Ce sont ces mêmes patrons qui, par la voix du MEDEF, exigent une durée de cotisations de 45 ans.

La majorité des personnes part donc déjà et partira de plus en plus à la retraite avec des pensions réduites. Cette tendance ne peut que s’aggraver car l’entrée des jeunes dans la vie active est de plus en plus tardive. Les salarié-e-s seront donc toujours plus nombreux à ne pas bénéficier d’une
retraite complète.

Celles et ceux qui en auront les moyens auront recours aux assurances privées, aux fonds de pension, en espérant que, quelques dizaines d’années plus tard, les aléas de la spéculation leur permettront de récupérer leur capital et un peu d’intérêts.

Les annonces mensongères du gouvernement
tentent de cacher ses véritables objectifs :

Les objectifs poursuivis par le patronat et le gouvernement sont sans
équivoques :

- En affaiblissant la retraite par répartition basée sur la solidarité, ils
entendent favoriser le développement de la retraite privée, individuelle,
par capitalisation.

- En confrontant les salariés au risque de ne pas avoir une retraite décente, ils les incitent à souscrire et à cotiser à des caisses de retraites privées.

Cette politique vise à transférer des masses d’argent énormes du domaine public vers des places financières. Avec de telles orientations, le gouvernement se met délibérément au service du capitalisme au détriment d’une véritable politique sociale.

Elles cachent aussi les conséquences
dramatiques pour la société :

- Augmentation des inégalités sociales entre retraités : une minorité pourra vivre sa retraite dans de bonnes conditions ; une frange de plus en plus importante sera en grande précarité et aura du mal à vivre décemment…

- Augmentation du nombre de personnes en situation de pauvreté.

- Augmentation des inégalités vécues par les femmes. Elles subissent déjà une inégalité criante en matière de retraite (en 2001, les femmes retraitées ont touché en moyenne 848 euros par mois et les hommes 1461 euros). Cette inégalité est le produit des inégalités professionnelles et sociales vécues par la majorité des femmes dans notre pays.

Toute logique d’allongement du nombre d’annuités (avec le système de décote qui s’y rajoute) va encore accroître les inégalités des femmes retraitées.

La fausse solution : aligner par le bas
Imaginons cette même mauvaise méthode pour l’équité entre les salaires des hommes et des femmes : qui accepterait de voir baisser les salaires des hommes de 25% au nom de cette équité ?
Supprimer les régimes spéciaux (qui ne concernent que 5% des pensionnés) ne changera rien, bien au contraire.

Cela n’améliorera pas le régime général car les régimes spéciaux ne coûtent rien aux autres. Les régimes Energie et RATP, excédentaires, versent de l’argent. Quant au régime de retraite des cheminot-e-s tant décrié, il est financé par les cheminot-e-s par des cotisations dépassant 42% quand ceux du régime général n’atteignent pas 30%. C’est cette différence qui finance le départ à 50 ou 55 ans, notamment. Un cheminot cotise plus, avec 42,30% x 33 ans (moyenne constatée), qu’un salarié du privé avec 30% x 40 ans (en fait 37 ans, selon la moyenne réelle).

Travailler moins, travailler toutes et tous et vivre
mieux dans un système plus solidaire !

L’augmentation des richesses produites doit permettre de mieux vivre pour toutes et tous, les plus jeunes comme les plus âgé-e-s, les salariés comme les retraités ! Cela suppose de vrais emplois, des salaires corrects, des retraites décentes, l’utilisation des gains de productivité pour diminuer le temps passé au travail (durée légale du temps de travail, âge légal de la retraite) et non pour créer du chômage et de la précarité.

Nous refusons que « l’équité » voulue par ce gouvernement soit celle des reculs sociaux de tous ! Au contraire, notre conception de l’égalité est celle d’une convergence par le haut pour une amélioration générale du système de retraites pour toutes et tous : défendre les régimes spéciaux est la première étape d’une bataille plus générale pour empêcher de nouvelles régressions sociales pour tous les salariés et permettre ensuite une amélioration du sort de tous !

Nous revendiquons :

- le retour aux 37,5 annuités pour tous,

- un âge de départ à la retraite à taux plein à 60 ans avec un départ plus précoce pour les travaux pénibles,

- l’indexation des pensions et des « salaires portés au compte » sur les salaires et non plus sur les prix,

- un taux de remplacement minimum à 75 % calculé sur les 6 meilleurs mois ( les 6 derniers dans la fonction publique)

- et le refus de toute pension inférieure au SMIC.

Travailler moins, travailler toutes et tous et vivre mieux dans un système plus solidaire !

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