Salariés de BUFFALO GRILL : Ils ont osé dire STOP !

lundi 4 juin 2007
par  CSR

Ils sont cuisiniers/grilladins ou hommes-à-tout-faire (HTM). Ils travaillent depuis des mois et des années dans les restaurants de Buffalo Grill. Ils sont une quarantaine et sont embauchés dans 9 des 12 restaurants de Buffalo Grill de l’Essonne. Depuis le mardi 29 mai, 15 heures, avec l’Union départementale Cgt de l’Essonne et le « Collectif pour la régularisation des familles de Viry », ils ont investi le restaurant de Viry Chatillon qu’ils occupent toute la journée.
Ils sont en grève.

D’autres qui ont été démissionnés et d’autres qui sont sous le coup d’une procédure de licenciement, les ont rejoints.
Leur point commun : ce sont tous des employés « sans papiers » de Buffalo Grill et ils exigent d’être régularisés. Tous ont des feuilles de paye et payent des impôts.

Depuis des mois, depuis des années la direction de la chaîne a embauché dans nombre de ces restaurants cette catégorie toute particulière de travailleurs flexibles à souhait, taillables et corvéables à merci. Bonne façon de faire grossir les bénéfices, bonne façon de faire pression sur l’ensemble du personnel.
Depuis quelques semaines, pour des raisons que nous ignorons encore, la chaîne a décidé de les jeter à la rue après les avoir pressurés pendant toutes ces années.

Comme par hasard, la police de l’air et des frontières est venue en arrêter certains en plein travail, une dizaine ont été contraints de démissionner (tous dans la même période) sous la menace d’être dénoncés et d’autres ont reçu leur lettre pour un entretien préalable en vue d’un « éventuel » licenciement…

Le 29 mai 2007, les « sans papiers » de Buffalo Grill ont dit STOP !

Assez de se cacher, alors que la direction de Buffalo Grill était parfaitement au courant ! Assez de tout accepter : les heures supplémentaires à rallonge non payées, les pauses non respectées, les changements de service sans heure de fin, le doublement voire le triplement du poste de travail… pour aujourd’hui être virés ou menacés de l’être pour la raison même qui leur avait permis d’être embauchés : parce que « sans papiers ».

Tous le disent, tous en font la démonstration, la direction a fermé les yeux sur leur situation au moment de l’embauche. La preuve : pour la plupart, ils ont commencé par travailler un, deux ou trois jours avant que la direction ne leur demande une photocopie de leurs papiers. Et aujourd’hui il faut qu’ils donnent leur démission sous peine de se retrouver entre les mains de la police !

Depuis qu’ils ont investi le restaurant de Viry Chatillon, d’autres « sans papiers » de Buffalo Grill, d’autres départements, les ont rejoints. La liste ne cesse de s’allonger : 20 le lundi 28 mai ; 27 le mardi 29 mai ; 36, le jeudi 31 mai et ce n’est pas fini…

Monsieur le PDG, Erich Harasymczuk n’arrête pas de dire qu’il a été abusé, « à l’insu de son plein gré ». L’action des travailleurs « sans papiers » de Buffalo Grill est un acte de dénonciation et d’accusation d’un système d’exploitation abjecte mis en place depuis des années. Ce système s’est nourri de la détresse d’hommes qui ont fui la misère de leur pays à la recherche d’un travail pour survivre et faire vivre leur famille.
Buffalo grill s’est engraissé du travail de ces salariés depuis des années.
Il a joué de leur peur pour mieux les contraindre et maintenant il cherche à les jeter comme des chiens !

Il n’en est pas question, ces travailleurs doivent être régularisés.


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