Lettre adressée à toutes les structures et militants se revendiquant de l’anarcho-syndicalisme

mercredi 30 mai 2007
par  CSR

Chers camarades

Le Comité Syndicaliste Révolutionnaire regroupe des militants de plusieurs organisations syndicales françaises : principalement à la CGT mais aussi à SUD, à FO, à la CNT,…
Notre activité consiste à coordonner les militants qui veulent faire revivre les pratiques du syndicalisme révolutionnaire résumés dans la Charte d’Amiens :

* indépendance syndicale par rapport à tous les courants philosophiques et à l’état capitaliste

* préparation de la grève générale à travers la coordination interprofessionnelle

* préparation de la reprise en main de l’économie par les syndicats en faisant vivre dès maintenant le contrôle ouvrier et la gestion de services d’entre aide (dans les Bourses du Travail)

Notre principale activité consiste donc à reconstruire les Unions Locales de syndicats et à réorganiser les syndicats sur la base de syndicats d’industrie. Nous nous battons également pour la réunification syndicale sur les bases de la Charte d’Amiens.

Depuis quelques années, le CSR se développe et ses militants disposent d’une influence de plus en plus importante dans les Unions Locales (principalement à la CGT) mais aussi dans différentes branches professionnelles. Le combat dans les entreprises nous oblige à renforcer les liens internationaux puisque la Confédération Syndicale Internationale est une structure bureaucratique sans efficacité dans ce domaine. Nous sommes donc intéressés afin de développer des liens avec toute organisation syndicale menant des pratiques de classe dans les entreprises. Ce besoin nous a également amené à demander notre adhésion aux IWW afin de renforcer l’activité entre syndicaliste-révolutionnaires.

Le mouvement syndical est affaibli en raison de son incapacité à se coordonner au niveau interprofessionnel et international. Mais nous constatons que le syndicalisme de classe est lui aussi en crise et cette crise dure depuis des décennies.
Entre 1920 et 1923, le syndicalisme révolutionnaire a connu une crise profonde. Notre mouvement a implosé en 3 morceaux. Une partie a refusé de rejoindre l’Internationale Syndicale Rouge et a préféré construire une petite internationale rivale : l’AIT. Ce courant s’est désigné lui même comme « anarcho-syndicaliste ».
La majorité des SR ont rejoint l’ISR mais celle-ci n’a finalement pas pu préserver son autonomie par rapport à la bureaucratie bolchevique. La grande majorité des militants a donc fini par s’intégrer à cette bureaucratie. La plupart des Partis Communistes n’ont pu se construire que grâce à l’arrivée des SR.
En France et ailleurs (les IWW aux USA, le NAS aux Pays Bas…) des militants sont restés fidèles à la Charte d’Amiens et à l’autonomie ouvrière. Mais cette indépendance syndicale a été défaite par les logiques d’appareil et le sectarisme.

Nous pensons qu’aujourd’hui cette division a assez duré et la seule façon de réorganiser le syndicalisme-révolutionnaire est de s’appuyer à nouveau sur l’indépendance syndicale et le Front Unique.
Depuis 15 ans, les courants syndicaux influencés par le marxisme-léninisme sont entrés en crise. En France, de plus en plus de militants du PC ou issus de ses rangs commencent à nouveau à s’intéresser au SR. Quant au mouvement anarcho-syndicaliste, malgré l’arrivée de nombreux jeunes, il n’a pas réussi à occuper le terrain de la lutte des classes. Le seul endroit où il a pu se développer réellement, c’est en Espagne car la CGTE a accepté d’ouvrir ses rangs à des composantes qui ne sont pas libertaires. Elle a donc rompu avec l’anarcho-syndicalisme et avec ce qui faisait son identité : le rejet du front Unique.

Nous pensons qu’il est donc temps de relancer le travail unitaire à travers la coordination de nos militants et syndicats dans les branches d’industrie. Nous pensons que nous devons aussi mener ensemble un débat sur les raisons de la crise qui a frappé le syndicalisme-révolutionnaire dans les années 20 car nous ne devons pas reproduire les mêmes erreurs. Entre 1917 et 1923, le syndicalisme-révolutionnaire était beaucoup plus puissant que le léninisme. Si le léninisme a pu s’imposer c’est parce que notre stratégie révolutionnaire n’était pas assez élaborée. Refuser de réfléchir à cette question revient donc à refuser de préparer à nouveau la révolution. Le sectarisme n’a toujours servi qu’à se protéger de ses propres faiblesses.
Les révolutionnaires, au-delà des appartenances philosophiques, doivent reprendre une discussion fraternelle, tout en acceptant d’aller jusqu’au bout des critiques.

Le CSR français a déjà produit un grand nombre de documents sur le bilan du syndicalisme-révolutionnaire. Plusieurs sont consultables sur notre site internet dans la rubrique « formation-débat ».
Nous venons également de réaliser de nouveaux documents :
* une brochure sur l’histoire de l’ISR et donc sur les raisons de la scission de 1920-23
* un texte de critique de l’anarcho-syndicalisme
Ces documents peuvent servir de base de discussion et nous nous proposons de publier sur notre site les débats entre organisations.

En espérant que nos propositions rencontreront un accueil favorable de votre part,
recevez nos sincères salutations syndicaliste-révolutionnaires


Navigation

Articles de la rubrique