Peugeot : les anciens sacrifiés sur l’autel des profits

Syndicaliste n°18
samedi 7 avril 2007
par  CSR

Les orientations du groupe PSA et plus généralement celles du patronat dans son ensemble ont comme objectif de faire trimer toujours davantage les salariés dans les usines du groupe. Toutes les options sont bonnes pour augmenter le taux d ‘exploitation de notre classe.
La dernière en date est de rentabiliser aux maximum les seniors et les faire travailler au delà de 60 ans dans les bagnes salariaux. De plus les équipes d’ergonomes cherchent des parades pour intensifier le travail de façon acceptable pour faire cracher de la plus value au anciens et pour justifier la réforme sur les retraites qui est engagée, dans la continuité de la loi de modernisation social proposer par la gauche du capital, avec toute ses conséquences en terme de remise en cause des acquis du mouvement ouvrier.

L’exemple de Peugeot Mulhouse en dit long sur les prérogatives du patronat en terme de gestion du salariat, dans les différentes usines du groupe, tout un programme.

La bourgeoisie et leurs valets du MEDEF, mettent au point la rentabilisation des anciens.

En effet, le groupe Peugeot Citroën Automobile, a toujours été à la pointe en terme de gains de productivité. La mise en place de financiers comme Jean-Martin Foltz, n’est pas le fruit du hasard, les projets pour les 10 années à venir sont réductions des coûts, sous-traitance de toutes les activités qui ne sont pas liées à l’automobile, gestion de la main d’œuvre. C’est tout d’abord les jeunes ouvriers avec un niveau élevé d’intérimaires, entre 2 et 3000 en permanence, à tel point que les ouvriers qui arrivent à 18 mois de contrat peuvent alors aller travailler chez un sous - traitant de Peugeot tel que Faurécia qui font les siéges pour les 307 et revenir au bout de 6 mois se faire exploiter sur les chaînes à Mulhouse et ceci sans jamais se fiare embaucher en CDI. Et le Lion reste actionnaire majoritaire chez les sous-traitants, à hauteur de 75 pour cent pour Faurécia par exemple.
Avec la fermeture des fonderies, bientôt des forges et pour finir les mécaniques tout le projet de désengagement du groupe se nomme "recentrage sur le sur le métier de l’automobile".

L’autre grand projet, est la remise en production de tous les seniors qui trop usés par le travail avaient été mutés dans des secteurs de préparation ou de nettoyage, et ce jusqu’à leur retraite. Mais avec la politique de profits, toutes ces activités ont été externalisées et les anciens se retrouvent en ligne de montage avec toute les conséquence que cela peut avoir sur leur santé physique et morale. Nous savons que l’intensification des charges de travail a explosé depuis la mise en place des 35 heures chez Peugeot, et pour en juger il suffit de voir le niveau de la production journalière qui est passée de 1200 voitures jour avant la RTT à 1800 voitures après. Et avec la réduction des effectifs, coller les seniors en chaînes c’est les amener à l’abattoir.

Le projet d’amélioration des postes de travail, et le tout ergonomique

Partout dans les médias PSA fait le forcing , en faisant de la pub sur le travail en chaînes avec des postes que tout le monde peut tenir, homme, femme, salarié âgé, et bientôt les enfants (?), n’en déplaise à l’hebdomadaire patronal Entreprises et carrière , les cadences sont infernales pour tous, et encore plus sur les nouvelles lignes de montage ou le stress est multiplié par dix avec des charges de travail calculées au maximum du temps. En d’autres termes, à peine tu as fini un véhicule qu’il faut courir à l’autre au risque de gêner l’autre poste de travail, ce qui dans le langage des travailleurs se dit "couler".
Nous avons tous remarqué le lien entre ergonomie, RTT et intensification des charges de travail. La réalité c’est que tout le monde crève, et pour preuve quand Thierry Roger, responsable ergonomique industrielle au service des conditions de travail, un département rattaché à la D.R.H de P.S.A.dit que "l’ ergonomie a commencé à faire son entrée dans l’ entreprise il y a une vingtaine d’années mais une impulsion décisive à son développement a été donnée en 2000, lorsque la direction a souhaité conserver davantage les salariées âgés au travail" .
Ça, au moins, c’est claire. L’objectif de Peugeot et du patronat est d’exploiter les salariés jusqu’après 60 ans sur les chaînes.

Citons juste un chiffre qui a été donnée au C.E. dans le bilan social, sur le nombre de décès dans l’entreprise. En 2000 il était de 11. En 2001 il est passé a 22 . "Mais ce n’est pas le travail qui les a tué", dit la direction .

Mais pour mieux faire passer son projet, la direction a soumis un accord sur l’ amélioration des conditions de travail permanentes, et le patron a reclassé les salariés âgés sur les chaînes de montage .
Tous les syndicats ont paraphé cet accord, à l’exception de la C.G.T du groupe. Mais la non signature de la C.G.T. est du uniquement au fait que Jean-Martin Foltz avait dit lors d’ une conférence de presse que l’ont pouvait faire travailler les salariées en ligne au delà de 60 ans. Le fait que la direction CGT n’ait pas signé est donc lié à la colère des ouvriers dans les ateliers suite à cette annonce.

les outils des ergonomes pour toujours plus nous faire courir après les voitures .

Le premier se nome E.C.M. ( évaluation des condition de montage ). Le second, le plus pervers, est un outil de cotation des postes par difficulté de montage, sous le nom de METEO. Le but est de classer les postes sur une base qui va de 1 à 5 .
Le système a été élaboré chez Renault, toutes ses formules existent dans l’objectif de faire croire au travailleurs et à leurs organisations syndicales que la direction est de bonne foi.
Foutaise que tout cela, ces systèmes et leur calcul savant servent uniquement à cacher le taux d’exploitation des anciens comme des plus jeunes.
Idem pour les médecin du travail qui avalisent et laissent les seniors à des postes en chaîne et bien souvent ils sont atteints de maladies cardiaques, ou des problèmes de dos, et des troubles musculo-squelettiques ( T.M.S. ). Il est courant de voir des seniors se faire licencier, pour absences nombreuses et répétées, vu qu’ils n’arrivent plus à récupérer des cadences infernales imposées chez Peugeot .

Le rôle des syndicaliste-révolutionnaires est de tout mettre en oeuvre pour que les tauliers prévoient des postes hors chaînes, pour les anciens et se battre collectivement pour une vraie retraite à 55 ans voir 50 ans. Les profits engrangés par P.S.A. le permettent largement, mais cette lutte c’est à une échelle interprofessionnelle qu’elle doit s’articuler. Sinon le risque existera que les anciens sortent de plus en plus jeunes des bagnes salariaux, mais les pieds devant.

Ne laissons pas le patronat et le capital nous faire crever au boulot.