Augmentation des salaires et des cotisations sociales ! !

Tract CSR 1er février 2003
samedi 3 mars 2007
par  CSR

Le patronat et le gouvernement se préparent à une bataille décisive sur les retraites. Le mouvement syndical doit rapidement se mettre en ordre pour les affronter : défendre nos acquis issus de décennies de luttes qui ont façonné la vie de notre société. Les syndicats doivent informer largement les travailleurs sur le sens de ces acquis, sur le bilan des attaques patronales. Ils doivent aussi préparer la lutte pour gagner de nouveaux droits, sans laquelle les acquis actuels resteront toujours fragiles.

Ce sont les luttes qui ont construit nos retraites

Les régimes de retraites des travailleurs ne sont pas le fruit d’un quelconque compromis entre le patronat et le mouvement ouvrier à la Libération. C’est un acquis fondamental, obtenu sur la base d’un rapport de force.

Le régime de retraite du privé (régime général et régimes complémentaires) est basé sur la répartition : prendre directement sur la richesse créée par les travailleurs, par des cotisations sociales afin de payer des travailleurs en retraite. C’est du salaire socialisé, et non pas différé : aucune épargne n’est nécessaire, 100 euros de cotisations sont immédiatement transformés en 100 euros de pension de retraite. Ainsi, par leur unité qu’instaure la répartition, les travailleurs imposent au patronat à renoncer à cette manne financière afin de payer des retraités. C’est un principe intolérable pour les patrons, c’est ce qu’ils veulent détruire par de multiples “ réformes ”.

Mais le mouvement syndical ne s’est pas contenté de l’acquis de la Libération. En effet, au début, le montant des retraites versées aux ouvriers étaient très faibles, car les patrons refusaient d’augmenter les cotisations. Dans les années 50, le taux de cotisation sur les salaires pour financer les retraites a plafonné à 7%, aujourd’hui il est autour de 25% : plus de 153 milliards d’euros par an que les patrons voient filer sous leur nez ! Grâce à cette lutte pour la hausse des cotisations, le niveau des retraites a fortement augmenté.
En 1950, il y avait 47 % des personnes de plus de 65 ans qui percevaient le minimum vieillesse, c’est à dire qui étaient pauvres. En 1983, il y en avait encore 21%. En 1998, il n’y en avait plus que 9 %. La lutte syndicale pour le salaire s’est traduite dans l’évolution de la part des salaires bruts dans le produit intérieur brut (la richesse nationale créée) : de 62 % en 1950, à 66 % en 1970 et à 72 % en 1980. C’est cela qui a permis de financer les retraites et d’élever leur pouvoir d’achat.

Mais ensuite la part des salaires a chuté considérablement depuis ces 20 dernières années : nous en sommes à 60 %, comme il y a 50 ans. Recul énorme qui impose un axe de lutte déterminant sans quoi tous nos acquis sont condamnés : augmenter les salaires directs et le salaire socialisé c’est à dire les cotisations sociales. Voilà ce à quoi s’opposent avec acharnement le patronat et les gouvernements successifs.

Les attaques contre les retraites du privé

En 1993, c’est dans un quasi désert de réactions syndicales, que le gouvernement Balladur a fait passer des mesures régressives très importantes contre le régime général des retraites : passage à 40 ans de cotisations pour obtenir une retraite à taux plein ; passage aux 25 meilleures années (au lieu des 10) pour calculer la pension ; indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, leur faisant perdre progressivement du pouvoir d’achat.
Ensuite le patronat a trouvé un accord avec des confédérations gestionnaires des régimes de retraite complémentaires AGIRC (cadres) et ARRCO (non cadres) pour procéder au même genre d’opération. C’est l’accord du 25 avril 1996, maintenu avec l’accord du 10 février 2001, prolongé depuis jusqu’en juin 2003 : accorder moins de droits durant la vie active et diminuer la valeur de ces droits à l’heure de la retraite. Ces accords ont, avec l’aval de confédérations, programmé la baisse importante des retraites complémentaires. Par exemple, en 1995, pour 5000 francs de cotisation, un salarié obtenait 200 points de retraite complémentaire. En 2000, ces mêmes 5000 francs ne donnaient droit qu’à 151 points. Ainsi le rendement de la retraite complémentaire, c’est à dire le montant de retraite assuré une année par 100 francs de cotisation est passé de 9,20% en 1995 à 7,15% en 2000.
La conséquence est logique : selon un rapport du Comité d’Orientation des Retraites le taux de remplacement de la retraite pour un non cadre gagnant le salaire moyen ARRCO passerait de 71% en 2000 à 57% en 2040. C’est une véritable paupérisation des retraités qui est programmée. Cette destruction de la retraite par répartition s’accompagne alors naturellement du développement de son contraire : les fonds de pension ou épargne “ salariale ”.

Le secteur public : exemple d’EDF

Pour EDF, les retraites faisant partie des comptes de l’entreprise, la destruction du régime est un préalable à la privatisation. Combattre l’un implique de combattre l’autre. Mais ce qui s’y passe préfigure aussi les futures attaques contre le régime public des travailleurs de l’Etat. A EDF comme pour l’Etat, la retraite est une continuation du salaire, c’est un salaire d’inactivité lié aux classifications et grilles salariales des actifs. C’est là un acquis radical du secteur public, un modèle pour les travailleurs du privé, et que le patronat et les gouvernements veulent tout simplement détruire. Avec la création d’une caisse de retraite adossée au régime général, les prestations actuelles ne seront plus garanties car elles évolueront en fonction du régime général, promis à de prochaines dégradations supplémentaires par le patronat. Comment défendre des acquis du régime EDF en acceptant le recul actuel, et dégradant par là le rapport de force pour la défense et l’amélioration du régime général ? Cette caisse servira d’ailleurs à faire apparaître de pseudo gouffres financiers pour justifier d’autres reculs vers la destruction du statut. Cette “ réforme ” du régime d’EDF, prélude à celle du régime des fonctionnaires de l’Etat, vise à briser l’unité des travailleurs du public, unité dont les régimes de retraites sont un élément déterminant.

L’unité public-privé

Les principes sur lesquels reposent tous les régimes de retraites des travailleurs, du privé comme du public sont donc très proches. C’est le lien entre le salaire et la retraite. C’est son mode d’élaboration : mise en commun interprofessionnelle des cotisations pour le privé, budget de l’Etat pour les autres. C’est cela qui fonde l’unité des travailleurs et que veulent détruire le patronat et les gouvernements.

Défense intransigeante des acquis

- Abrogation des mesures de 1993 sur le régime général : retour aux 37,5 ans, aux 10 meilleures années et à l’indexation sur les salaires des retraites
- Annulation de l’accord de 1996 sur les retraites complémentaires
- Augmentation des cotisations patronales pour ces régimes
- Abrogation de la loi Fabius sur l’épargne salariale
- Aucune remise en cause des régimes spéciaux et publics

Lutter pour de nouveaux droits

Le patronat et les gouvernements veulent imposer le maintien en activité des salariés âgés : remise en cause des pré-retraites, restriction des droits des chômeurs âgés, suppression du CFA pour les fonctionnaires : cela est cohérent avec la volonté de destruction des retraites. Obtenir que certaines périodes de chômage, de maladie,… soient validées pour la retraite est important. Mais cela résulte de l’amélioration des droits actuels. Gagner de nouveaux droits, c’est autre chose. Le salaire socialisé permet de récupérer les gains de productivité afin de financer le temps libéré de l’exploitation comme la retraite. C’est comme cela que le syndicalisme s’est battu pendant des décennies.

Organisons la lutte pour :

- baisser l’âge de départ en retraite en dessous de 60 ans
- baisser le nombre d’années de cotisations pour une retraite à taux plein en dessous de 37,5 ans


Commentaires  forum ferme

vendredi 23 mars 2007 à 18h06

J’ajouterais comme revendications :
contre l’intensification du travail et ...
Il ya une forte pression depuis pas mal d’année sur les travailleurs du privé et du public pour augmenter la productivité ( le taux d’exploitation horaire) ce qui se traduit pas des pbs de santé, stress au travail, depression et autres maladies at ccidents du travail pas souvent reconnus comme tels.

Nous pourrions lancer l’idée d’une campagne contre la " délinquance " patronale sur ce sujet comme cela a été fait en espagne il ya quelques années pas la CGT-E.
Accident du travail = délinquance patronale c’est réducteur certes mais au moins ça met le sujet sur le tapis.
Ed